Les mammifères qui viennent visiter nos jardins ont beau être bien mignons, ils sont aussi source de frustrations lorsqu’ils se mettent à dévorer les végétaux. Certaines méthodes sont souvent suggérées pour protéger les plantes, mais il est parfois difficile d’obtenir des résultats durables. Même s’il n’y a pas de technique infaillible, ces pistes de solutions peuvent vous éviter le découragement!

En ville, les animaux les plus problématiques sont certainement les écureuils. Ils sont nombreux, très agiles et déterminés. Les ratons laveurs, les marmottes, les lièvres et les mouffettes peuvent aussi piller votre jardin alors que, dans les milieux plus ruraux, les cerfs s’invitent parfois au festin. 

Avant d’asperger son terrain de répulsif à ours, de récupérer religieusement les poils de son chien pour les déposer un peu partout ou d’essayer d’autres techniques douteuses, Pascale Maynard, préposée aux renseignements horticoles du Jardin botanique, suggère de privilégier des moyens plus tangibles.

Elle recommande notamment d’utiliser des grillages, des clôtures ou de placer stratégiquement ses végétaux pour qu’ils soient plus difficiles à atteindre par les animaux qui causent des soucis.

« L’exclusion et toutes les barrières physiques, c’est probablement ce qui fonctionne le mieux pour que les animaux n’aient pas accès aux végétaux. »

- Pascale Maynard

Pour les clôtures et les grillages, il faut s’assurer que ceux-ci entrent dans la terre à une profondeur suffisante pour que les animaux ne puissent pas simplement creuser sous la barrière. Bien sûr, les écureuils n’hésitent pas à grimper. Pour ceux-ci, il est recommandé de couvrir aussi le dessus de vos plantes à protéger avec un grillage.

« Si vous êtes vraiment déterminé, vous pouvez faire comme l’un de mes voisins, qui s’est carrément fait un enclos grillagé avec porte : il entre et cultive ses végétaux à l’intérieur. De mon voisinage ici, c’est à peu près le seul qui arrive à cultiver des tomates », relate Pascale Maynard.

 

D’autres méthodes?

Bien sûr, il n’est pas toujours possible ou idéal d'ériger des structures autour de son jardin. Il existe d’autres méthodes pour repousser les petites bêtes, mais les résultats sont modérément efficaces.

Par exemple, les répulsifs à base de capsaïcine et de poivre noir peuvent fonctionner, mais ils ne sont pas des solutions permanentes et les animaux peuvent s’y habituer, ou du moins tolérer l’effet désagréable du produit s’ils ont assez faim. 

« Il y a des répulsifs commerciaux qui existent, mais ils sont temporaires et ne marchent généralement pas contre tout. L’année dernière, j’avais une tomate qui avait déjà une grosse bouchée de prise, j’ai mis le répulsif dessus. Le lendemain, la tomate était quand même partie. Ça ne les a pas découragés », témoigne Pascale Maynard.

Pour ce qui est des poils de chiens et de chats ou des prédateurs en plastique, ils peuvent avoir un effet dissuasif, mais celui-ci est généralement temporaire puisque les animaux les plus téméraires peuvent déceler la supercherie. 

Hiboux / iStock

Les prédateurs en plastique peuvent fonctionner un certains temps, mais les animaux parviennent souvent à voir au-delà du subterfuge. Photo : iStock

« Ils finissent par comprendre qu’il n’y a pas de danger. Si ça ne semble pas assez réel, si c’est juste ça, cela ne va pas les décourager. Si le danger n’est pas là, ils apprennent rapidement qu’il n’y a pas de conséquences », explique la spécialiste de l’horticulture.

L’utilisation d’un arrosoir automatique avec détecteurs de mouvements peut-être efficace, les petits animaux n’aiment généralement pas se faire arroser, mais cela requiert plus d’équipements et ce n’est pas non plus une méthode infaillible.

« Ce n’est pas nécessairement ce que les gens veulent entendre, tout le monde aimerait une solution miracle! Il n'y a pas de solution miracle. Il faut vraiment voir comment les stratégies vont fonctionner à la maison », précise Pascale Maynard.


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Changer sa philosophie

Avant de se lancer dans une lutte éternelle contre les écureuils qui viennent voler des tomates, il ne faut pas oublier que ces petits animaux suivent simplement leur instinct : ils ont faim, et si la nourriture est à portée de pattes, ils se servent.

« Ils sont intelligents, les animaux, ils sont capables et déterminés. Pensez-y : si vous avez faim et que votre armoire ou votre réfrigérateur est verrouillé, vous allez trouver le moyen de le déverrouiller », résume la préposée aux renseignements horticoles.

Pascale Maynard suggère d’apprendre à cohabiter avec les mammifères qui vivent sur notre territoire, et d’orienter ses choix de végétaux en conséquence. Il est possible d’éviter les fruits et les plantes qui attirent le plus certaines espèces pour se faire un jardin qui les intéresse moins.

« L’an dernier, j’ai planté une dizaine de plants de tomates et j’en ai récolté seulement deux en raison des écureuils! C’est frustrant, je l’admets, mais j’ai eu du plaisir à planter et du plaisir à voir les animaux, je vis bien avec ça. Ce que j’ai réalisé, c’est qu’il y a d’autres plants auxquels ils n’ont pas touché. Je favorise donc les plants qui sont moins intéressants pour eux, comme les fines herbes, et pour les autres comme les tomates, je vais les garder en pot, sur mon balcon, proche de ma porte patio. Je vais mettre un grillage pour protéger le tout. »

- Pascale Maynard

Tout est une question d’adaptation, mais il est surtout important de ne pas se décourager en raison des animaux. Le site du Jardin botanique regroupe de l’information sur les méthodes à privilégier face à ces mammifères, ainsi que des suggestions de végétaux pour moins les attirer. Le Petit Rendez-vous horticole, qui se déroule du 28 au 30 mai au Jardin botanique, est aussi une occasion d’aller poser vos questions aux spécialistes de l’horticulture. 

Face à l'ingéniosité des espèces qui s’introduisent dans nos jardins, à peu près rien n’est infaillible, mais on peut aussi célébrer les bons côtés de la présence de ces petits visiteurs et même en profiter pour prendre quelques photos. « Il faut essayer différentes stratégies et s’ajuster comme eux autres s’ajustent! Il faut aussi savoir profiter de cette faune qui se retrouve dans notre jardin », conclut Pascale Maynard.