Science et technologie

Le gros laboratoire : expérience sociale pour dresser le portrait du Québec
Sony Carpentier , ICI EXPLORA
Publié le 10 décembre 2018

Le gros laboratoire : expérience sociale pour dresser le portrait du Québec

Le 19 décembre prochain, Jean-René Dufort et Marie-Pier Élie prendront la barre de l’émission Le gros laboratoire sur les ondes d’ICI EXPLORA. Dans ce format, adapté du concept provenant des Pays-Bas, 100 cobayes québécois prennent part à des expériences scientifiques et sociales. Nous avons assisté au visionnement en primeur des deux premiers épisodes et le verdict est clair : nous avons hâte d’en voir davantage.

Pendant une semaine cet été, les cobayes, l’équipe de production et les animateurs ont vécu un véritable laboratoire humain à l’université Bishop. Coupés du monde extérieur, ils ont pris part à des expériences de tous les genres pour répondre à de petites et grandes questions sur l’humain. Par exemple, on a tenté de répondre aux interrogations suivantes : peut-on être raciste de façon inconsciente? Est-ce que les réactions d’une foule peuvent influencer une performance sportive? Est-ce que les personnes âgées dégagent une odeur caractéristique? Pour la journaliste scientifique Marie-Pier Élie, c’était un réel privilège de voir les cobayes s’investir et se laisser prendre au jeu des différents tests.

L’expérience vue par les participants

Du côté des cobayes, qu’on interpellait toujours par le numéro de leur chandail, certaines expériences ont été plus difficiles que d’autres. Ce qui a fait la différence et qui a permis de désamorcer certaines situations, c’est l’esprit de groupe et l’appui des autres candidats.

« Ce qu’on ne voit pas au montage, par exemple lorsqu’on devait huer quelqu’un, c’est qu’on lui a donné une énorme dose d’amour après avoir coupé à la caméra. On était une semaine ensemble, il n’était pas question qu’on isole quelqu’un. » Cobaye #29

Pour les 100 participants, la semaine a été remplie d’expériences dont l’objectif était parfois mystérieux. On leur a demandé d’effectuer des actions sans pourtant en divulguer le but précis. Par exemple, on leur a tous demandé d’expliquer le jeu roche-papier-ciseaux. Même si la commande était simple, il était impossible d’imaginer qu’on calculait en fait le nombre de mots employés pour y arriver. On a ensuite comparé le nombre de mots utilisés par les hommes et les femmes pour savoir lesquels étaient les plus concis dans leurs explications. Le résultat? Il vous faudra voir l’émission, mais disons simplement que, contrairement à la croyance populaire, ce ne sont pas nécessairement les femmes qui parlent le plus!

« En regardant l’émission aujourd’hui, je me rends compte à quel point on a été manipulés. On ne réalisait pas qu’on était mis dans des contextes pour des questions précises. On a toujours été très spontanés, on ne le faisait pas pour la télé, on voulait bien faire. » Cobaye #36

Une rigueur scientifique importante

Même si l’échantillon est petit et que les réponses ne sont pas de réelles preuves scientifiques, les résultats sont intéressants à voir. Pour Marie-Pier, la force de l’émission réside dans son divertissement, mais aussi dans sa façon rigoureuse d’aborder le contenu. « Il faut que ce soit un habile dosage entre le protocole et l’amusement. Les résultats ne seront pas publiés dans une revue scientifique, mais, si on n’a pas un certain protocole pendant l’expérience, ça devient du n’importe quoi et ce n’est plus intéressant. »

Ce protocole, on l‘a aussi respecté dans l’échantillon de la population qu’on a choisi pour être des cobayes. Après avoir reçu un très grand nombre de candidatures, la production a sélectionné les participants en voulant représenter statistiquement la population québécoise. Par exemple, en choisissant le nombre d’hommes et de femmes, de personnes issues des communautés culturelles, d’habitants des différentes régions, etc. Selon Jean-René, on a gardé cette préoccupation tout au long du tournage, lorsque venait le moment de séparer les groupes pour certaines expériences :

« Il y a une expérience, parmi mes préférées, où on tentait de déterminer si c’est vrai que la jolie fille au Salon de l’auto influence la valeur de la voiture. Où même à l’inverse, si le joli garçon qui ressemble à 007 influence notre perception de la voiture. Pour s’y prendre, on a séparé le groupe de 100 cobayes en quatre sous-groupes en essayant d’alterner les cobayes pour ne pas créer de biais systématique. Pour éviter l’éventualité où, par hasard, on mettrait toutes les personnes plus cheaps ensemble. »

 Des expériences, il y en a plusieurs au rendez-vous et les résultats ne sont pas toujours ceux auxquels on aurait pensé. Le plaisir de cette émission relève du côté voyeur d’observer des gens dans toutes sortes de situations, mais aussi du fait de se laisser surprendre par ces derniers. 

Pour assouvir votre curiosité, ne manquez pas Le gros laboratoire le mercredi 19 décembre dès 21 h sur les ondes d’ICI Explora. D’ici là, pour avoir un accès privilégié au tournage, voyez dès maintenant notre vidéo exclusive des coulisses.

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