Le margay est capable d'imiter le cri du bébé pied tamarin, un petit singe de l'Amazonie.
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Une récente étude conduite dans la mer Méditerranée sur les méthodes de chasse du cachalot a révélé des résultats étonnants : les individus de l’espèce se relaient pour attraper leurs proies plus facilement.Selon ce que les scientifiques ont découvert,les cachalots se rassemblent en petits groupes de six en moyenne et chassent en utilisant une technique collaborative.

 

L’équipe de recherche de la mission Sphyrna Odyssey a en effet démontré que les cachalots dans un même groupe communiquent de façon constante lorsqu’ils sont à la recherche de nourriture pour mieux utiliser les ressources collectives. Certains individus vont donc plonger – jusqu’à une profondeur de 1200 mètres – pendant que d’autres vont remonter à la surface. Cette valse se poursuivra durant toute la séance de pêche.

 

La découverte de cette méthode de chasse particulière nous a donné l’idée de chercher à savoir si d’autres animaux usaient de techniques surprenantes pour attraper leurs proies.

 

Voici le fruit de nos recherches.

La baleine à bosse crée un filet de bulles

La baleine à bosse crée un filet de bulles pour emprisonner ses proies.
Crédits photo : iStock/srhtkn
 

Les personnes habitant dans la région de Montréal ont pu observer un rorqual à bosse qui s’était aventuré loin dans le fleuve Saint-Laurent il y a quelques semaines à peine. Malheureusement, la bête, visiblement désorientée, a été retrouvée morte le 9 juin dernier.

Cette espèce de baleine est reconnue pour sa stratégie de chasse très futée, qui a été captée sur vidéo par une équipe de scientifiques de l’Université d’Hawaï il y a moins d’un an. La technique consiste à nager en spirale et à propulser des bulles d’air qui forment une sorte de filet circulaire que les poissons n’osent pas traverser. Par la suite, le rorqual n’a qu’à remonter vers la surface au milieu de ce cercle de bulles avec la gueule grande ouverte pour cueillir les proies qui s’y trouvent. 

Cette méthode est particulièrement efficace lorsque les baleines se mettent en groupe pour la réaliser.

Tenez-le-vous pour dit si, par malheur, vous vous retrouvez au beau milieu d’un cercle de bulles en vous baignant dans l’océan!

Le requin blanc utilise le soleil à son avantage

Un requin blanc en pleine séance de chasse.
Crédits photo : iStock/lindsay_imagery
 

Tout le monde sait que le soleil est essentiel à la vie sur Terre, mais qui se serait douté qu’il était aussi un outil de chasse pour le requin blanc?

C’est ce qu’une étude de l’Université de Flinders, en Australie, a révélé en 2015 (lien vers un article en anglais). Le DrCharlie Huveneers, écologiste se spécialisant en requins, et son équipe ont observé 950 individus sur une période de 30 jours pour déterminer s’ils adoptaient des comportements spécifiques lors de la chasse. 

Or, l’équipe de recherche en est venue à la conclusion que les requins blancs approchaient leurs proies avec le soleil dans le dos pour que ces dernières aient davantage de difficulté à les repérer, permettant en plus aux prédateurs de mieux cerner leurs cibles. Les scientifiques ont noté une tendance chez les requins : ils nageaient vers l’ouest le matin, et vers l’est en après-midi. Par temps nuageux, les requins se déplaçaient dans n’importe quelle direction.

Décidément, le requin blanc est un prédateur redoutable. Pas besoin d’avoir regardé le film Les dents de la mer pour le craindre!

Le héron vert pêche avec un appât

Un héron vert à la recherche de nourriture.
Crédits photo : iStock/Kimberly Harrell
 

Les adeptes de la pêche savent très bien qu’utiliser un appât augmente grandement leurs chances d’attraper un poisson. Or, certains oiseaux, dont le héron vert, ont aussi compris cela depuis belle lurette.

En effet, l’ingéniosité du héron vert est remarquable lorsqu’il est temps de capturer une proie pour se nourrir. L’oiseau utilise un appât (lien vers un article en anglais), comme un bout de pain, des brindilles ou même des plumes, afin d’attirer l’attention des poissons, et ainsi, faciliter son travail. Il dépose son offrande dans l’eau devant lui et fait preuve de grande patience avant de sauter sur la proie au moment opportun. Il est d’ailleurs fréquent que l’oiseau doive reprendre son appât et le replacer à la surface de l’eau lorsqu’il s’éloigne de lui.

Le héron vert peut aussi plonger dans l’eau pour attraper sa proie avec son bec avant que celle-ci ait eu le temps de fuir.

Ça mérite indéniablement le prix Nobel pour l’oiseau chasseur le plus ingénieux... si cette catégorie existe.

Le crocodile des marais use de patience

Le crocodile des marais est un imposant prédateur.
Crédits photo : iStock/DigitalSoul
 

Le camouflage est un outil de chasse indispensable pour de nombreux prédateurs, dont le crocodile des marais. La patience de cet imposant reptile en fait aussi un maître dans l’art de surprendre ses proies.

Cette espèce de crocodiles, qui se retrouve en Inde, au Pakistan, en Iran, au Bangladesh, au Népal et au Sri Lanka, et qui s’attaque parfois aux êtres humains, peut se dissimuler durant des heures dans des eaux peu profondes, attendant le moment parfait pour attaquer. Les individus couvrent leur museau de brindilles, un élément recherché par les hérons pour construire leur nid pendant la saison des amours. 

Lorsqu’un oiseau s’approche suffisamment, le crocodile saisit sa chance et tente de l’attraper grâce à l’effet de surprise, une technique qui a fait ses preuves.

Message aux hérons : gare à vous lorsque vous cherchez des brindilles.

Le margay imite les cris d’un singe

Un margay dans son habitat naturel.
Crédits photo : iStock/Artush
 

La nature a son lot d’animaux capables d’en imiter d’autres; nous n’avons qu’à penser au moqueur polyglotte. Vous voulez un autre exemple? Le margay, un félin vivant en Amazonie.

Oui, la bête, qui est aussi reconnue pour son agilité, possède un talent remarquable pour reproduire les cris de sa proie favorite (lien vers un article en anglais) : le bébé pied tamarin, un singe de petite taille. En agissant de la sorte, le margay attire l’attention de singes qui jouent le rôle de sentinelles au sein de leur groupe. Ces derniers ont donc le réflexe de se rendre à l’endroit où le son a été émis, tombant ainsi dans le piège du prédateur qui tente ensuite une attaque. 

Selon les habitants de l’Amazonie, d’autres félins, comme le jaguar et le puma, utiliseraient la même tactique que le margay pour attirer des proies. Cela reste toutefois à confirmer, puisque aucun enregistrement ne prouve cette hypothèse pour le moment.

Qui est le meilleur imitateur du cri du pied tamarin entre un margay et André-Philippe Gagnon? Les paris sont ouverts.

Voilà qui complète notre palmarès de quelques stratégies de prédation particulièrement originales.

À la semaine prochaine pour un autre billet de la série Insolite!