Sauvetage ultime : une équipe unique et soudée

Sauvetage ultime : une équipe unique et soudée

Martin Ouellet-Diotte , ICI EXPLORA

15 novembre 2019

La Sûreté du Québec (SQ) est le seul corps policier qui possède sa propre équipe de recherche et de sauvetage héliporté au Canada. Les cinq policiers qui font partie de cette escouade hors du commun doivent posséder une condition physique et mentale impeccable pour mener à bien leurs missions. ICI Explora est allée à la rencontre de ces sauveteurs, qui seront à l’avant-plan de la nouvelle série Sauvetage ultime, diffusée sur la chaîne dès le 18 novembre à 22 h.

C’est avant tout avec humilité que ces policiers spécialisés dans les méthodes de sauvetage et de recherche expliquent leur travail. Ils se décrivent comme un maillon de la grande chaîne des mesures d’urgence. Pour eux comme pour les autres intervenants du milieu, il n’y a qu’une priorité.

« C’est tout le temps la victime, le plus important. Peu importe qui la retrouve, il faut bien travailler avec les partenaires et avec l’équipe pour être capable d’aller intervenir pour sauver une vie. C’est le plus important », explique d’emblée Karl Sasseville, alias K2, chef de l’escouade de sauveteurs de la SQ.

Son équipe est composée de Martin Leclerc (Moe), François Gourbil (514), Denis Desruisseaux (DD) et Martin Lecompte (TH). Leurs surnoms proviennent d’un esprit de camaraderie entre les membres de l’équipe, mais ils sont aussi une nécessité pour des communications rapides et précises lors des interventions de l’équipe. En plus de ces cinq policiers qui figurent dans la série, deux jeunes recrues se sont récemment jointes à eux.

Les sauveteurs Karl Sasseville, Martin Leclerc, Martin Lecompte, François Gourbil et Denis Desruisseaux.

Cette escouade spécialisée de la SQ est amenée à intervenir constamment dans des lieux difficiles d’accès et dans des conditions qui changent régulièrement. Que ce soit en eau vive, sur les parois d’une montagne ou à travers les arbres d’une forêt dense, ils doivent être prêts à tout.

« On reçoit toujours les appels quand il fait mauvais, en fin de journée et la nuit! Quand il fait beau, les gens ne nous appellent pas. C’est nos conditions de travail tout le temps. Un des gros défis en sauvetage héliporté, c’est la météo », précise K2.

L’entraînement et la planification au cœur des missions

Comme la sécurité de l’équipe est primordiale pour mener à bien leurs opérations, les sauveteurs doivent toujours bien évaluer la situation et prévoir des plans de secours. Par exemple, si la météo empêche l’intervention héliportée, une autre stratégie doit être mise de l’avant.

« Chaque fois que la mauvaise météo nous empêche de décoller, ça vient nous chercher. On veut tellement aider les gens dans le pétrin. On prépare d’autres plans. Comme sauveteurs, notre devoir c’est de se rendre sur les lieux pour aider la victime. C’est possible parfois que l’on se rende sur les lieux, mais qu’on doive poursuivre la mission par voie terrestre avec  des VTT, des motoneiges, des skis, etc. Il faut toujours trouver un moyen pour aller prêter assistance à nos victimes! » - K2

L’entraînement et le plein air font partie du quotidien de tous les membres de l’équipe, autant au travail que dans la vie personnelle. Cette passion est aussi un élément essentiel du métier. « Travailler en forêt, en nature, et surtout quand on progresse comme ça, on ne sait jamais comment on va évoluer, et pour combien de temps. C’est un défi. C’est l’aventure », relate DD.

En raison de leur grande spécialisation, les membres de l’équipe de sauvetage n’ont pas d’équivalent dans les autres corps policiers du pays. Ils ont donc des entraînements et des formations auprès des spécialistes des Forces armées canadiennes, pour se dépasser et rester au sommet de leur forme. Pour fonctionner avec efficacité, ils doivent maîtriser autant des techniques d’escalade que des compétences de plongée, de randonnée, de descente en rappel et plus encore.

« Chacun se doit d’être multitâches à la base! Mais chacun a des volets qu’il préfère un petit peu et qu’il va donc approfondir. Chaque personne trouve sa niche et devient un vecteur pour les autres », explique Moe.

Les conseils des sauveteurs

Si vous vous perdez en forêt ou que vous subissez un grave accident dans un endroit reculé de la nature québécoise, il y a de bonnes chances que cette escouade unique de la SQ soit envoyée à votre secours. Aussi sympathiques que soient ses membres, il faudrait idéalement éviter d’avoir à les rencontrer. Comment faire pour éviter une telle situation? 

La clef du succès semble se retrouver dans la préparation, mais aussi dans le fait de connaître ses limites. Pour les sorties en nature et autres activités de plein air, il faut espérer le meilleur, mais se préparer au pire. 

« On ne sait jamais ce qui peut arriver. Il ne faut pas être la personne qui va partir en gougounes, sans lunch ni eau… Parfois, il y a des treks au-dessus des capacités des gens. Il faut connaître les risques et ses limites personnelles pour l’aventure à entreprendre », résume François Gourbil, alias 514.

Les sauveteurs de la SQ interviennent dans toutes sortes de conditions, l'hiver comme l'été.

Le sauveteur met particulièrement les gens en garde contre l’hypothermie, en ajoutant qu’elle survient « avant d’avoir faim ou soif » et que « même l’été, il faut se préparer à ça ». Même si le soleil plombe, il est donc bien important de toujours prévoir des vêtements qui peuvent tenir au chaud lors des sorties en nature.

L’équipe insiste aussi sur l’importance d’avoir des plans d’urgence et un bon équipement. Avant de partir, communiquez vos plans à une personne qui saura où vous serez et qui contacter en cas d’urgence. Assurez-vous également d’être préparé à l’éventualité d’une blessure ou d’un changement brusque de la météo.

Vous emportez votre GPS avec vous? C’est une bonne chose, mais avez-vous pensé à des piles de rechange? Avez-vous un autre moyen de vous orienter si l’appareil fait soudainement défaut? Selon les experts de la SQ, c’est cette anticipation des possibles défis à surmonter qui se trouve au cœur d’une sortie sécuritaire et réussie.

Bien sûr, personne n’est à l’abri des imprévus, mais la prudence et une préparation adéquate permettent de mettre toutes les chances de son côté. « On ne pourra jamais tout couvrir! Mais, avec les bons outils dans son coffre, c’est plus facile d’être en confiance et de s’adapter. Quand tu n’as pas grand-chose, c’est plus limité, tu vas avoir un peu plus de mal », précise l’une des deux nouvelles recrues de l’équipe.

Et si le pire arrive malgré toute votre bonne préparation? Vous savez maintenant que vous pourrez au moins compter sur les talents d’une escouade chevronnée, qui mettra tous les efforts pour vous secourir!