Une crise qui transforme l’environnement?
Des cerfs dans le quartier Harold Hill, à Londres. Photo : Ben Stansall/AFP via Getty Images

La crise mondiale que nous vivons actuellement transforme les comportements humains, ce qui, en retour, cause des effets visibles sur notre environnement. Pendant ce temps, sur les réseaux sociaux, les vecteurs de désinformation profitent de la situation pour proliférer; il faut faire preuve de jugement pour distinguer le vrai du faux. Voici donc quelques effets réels de la crise sanitaire sur notre planète. 


Ce printemps, l’environnement nous parle sur ICI Explora! Chaque semaine, découvrez un contenu exclusif sur le blogue, en plus d’une émission thématique à ne pas manquer. Vendredi à 19 h 30, nous vous suggérons d’écouter Sérieux? pour la visite d’un centre de tri, une rencontre avec l’actrice Salomé Corbo et quelques trucs pour réduire notre consommation d’eau.


Des animaux qui visitent les villes?

Non, les dauphins ne sont pas venus visiter les eaux de Venise, comme le prétendent certaines publications mensongères qui ont fait le tour des réseaux sociaux au cours des dernières semaines. Plusieurs espèces d’animaux semblent toutefois avoir réellement profité de cet isolement de la population humaine pour sortir de leur tanière. 

Un lion de montagne dans les rues de Santiago, au Chili. Photo : Andres Pina/ATON CHILE/AFP via Getty Images

Selon le journal britannique The Guardian, des animaux près des communautés humaines profitent de la diminution radicale de notre présence dans les rues pour explorer ces nouveaux territoires urbanisés. Des cerfs se seraient ainsi promenés dans les rues et les métros vacants de la ville japonaise de Nara, où ils ont un sanctuaire. En Espagne, c’est plutôt des sangliers qui ont occupé les voies normalement réservées aux véhicules. À Boulder, dans l’État américain du Colorado, ainsi que dans la capitale du Chili, plusieurs lions de montagnes ont été aperçus en train d’errer dans les rues désertes à la recherche de nourriture.

Ces animaux qui préfèrent généralement éviter les êtres humains sentent visiblement la diminution de la présence de ceux-ci. D’autres espèces, habituées d’être nourries par les êtres humains, vivent plus difficilement cet isolement globalisé, comme c’est le cas pour les cerfs de Nara. En Thaïlande, certaines régions sont aux prises avec des macaques qui envahissent aussi les rues à la recherche de nourriture. C’est en grande partie pour ce genre de raison qu’il ne faut pas nourrir les animaux sauvages. Même s’il est fait par altruisme, à la longue, ce geste peut causer beaucoup plus de tort que de bien aux animaux qui nous rendent visite.

Une réduction de la pollution 

Plusieurs fausses nouvelles ont également circulé à ce sujet, mais il semblerait que les mesures de confinement à l’échelle mondiale aient effectivement eu un effet assez marqué sur la pollution de certaines régions du monde. Avec moins de voitures sur les routes, moins d’avions dans le ciel et un ralentissement des usines, la production des matières polluantes a aussi diminué, comme l’indiquait déjà un article de Radio-Canada le 13 mars dernier.

Au plus fort du confinement, des spécialistes de la NASA et de l’Agence spatiale européenne ont estimé que les émissions de dioxyde d’azote (NO2) en Chine avaient baissé de 30 à 40 %. Pour les émissions de dioxyde de carbone (CO2), cette diminution se situerait autour de 25 %.

Le ciel pollué de Beijing, au début de la crise. Photo : Kevin Frayer/Getty Images

Il n’y a pas que l’atmosphère qui a su profiter de cette baisse de l’activité humaine, les eaux de Venise ont aussi eu droit à un répit. Bien que la ville italienne n’ait certes pas eu la chance d'accueillir des dauphins, elle a retrouvé la clarté de ses cours d’eau en raison de la baisse de la circulation navale. Cette apparence cristalline de l’eau s’explique toutefois plus par les sédiments qui sont laissés au repos, plutôt que par l’effet visible d’une pollution décroissante.

Voilà plusieurs signes qui indiquent tout de même qu’avec un petit coup de pouce, notre planète peut rapidement prendre du mieux! Même si les scientifiques sont généralement d’avis que ces progrès seront effacés après la crise par la reprise à plein régime des transports et des usines, cela leur aura permis de recueillir des données bien intéressantes sur la résilience de la nature. 

Canalisations bouchées et nouveaux détritus

Les comportements humains observés durant la pandémie actuelle ont aussi des effets plus faciles à constater rapidement au cœur de nos villes. La ruée vers les lingettes désinfectantes est arrivée rapidement en réponse aux premiers signes du virus, et ses effets continuent de se faire sentir sous les artères de nos grandes villes. Plus que jamais, les citoyens et les citoyennes jettent les lingettes dans leurs toilettes avant de tirer la chasse d’eau, ce qui occasionne d’énormes blocages dans les canalisations

Masques et gants s'accumulent au sol de certaines municipalités. Photo : VichoT/iStock

Que ce soit les lingettes désinfectantes, le papier essuie-tout ou les mouchoirs, il est important de se rappeler que le tout va à la poubelle, et non pas dans la toilette. En plus de boucher des égouts, ces déchets peuvent se retrouver dans l’environnement et nuire aux animaux. 

Plusieurs municipalités ont aussi rapporté que la prévalence des masques et des gants de protection est aussi très visible dans les espaces publics. Malheureusement, c’est souvent au sol qu’on les retrouve, plutôt que sur les visages ou aux mains des gens. En ce temps de crise, nos petits gestes pour l’environnement sont tout aussi judicieux qu’en temps normal, et les poubelles tout aussi accessibles, il n’y a donc pas de raison de faire différemment.