En comparant suffisamment nos génomes, on ne reconstitue pas seulement la généalogie. On refait l’histoire des grands empires qui ont écrasé les plus petits.

Dans le cadre d’une recherche mettant côte à côte les génomes de 1490 personnes réparties dans 95 groupes à travers le monde, le généticien britannique Garrett Hellenthal est allé un peu au-delà des simples pourcentages — vous avez 2 % de ceci et 3 % de cela — pour tenter d’identifier les dates où deux lignées se sont « croisées ».

En d’autres termes, le moment de l’Histoire où des représentants de deux groupes ont eu des enfants qui sont devenus vos ancêtres — et sans surprise, ces dates tendent à correspondre avec les conquêtes militaires et l’esclavage.

On savait déjà combien les gènes de Gengis Khan et de ses hommes s’étaient répandus après les conquêtes mongoles du XIIIe siècle. La nouvelle recherche pointe aussi le commerce des esclaves dominé par les Arabes jusqu’à l’ère moderne, qui a laissé son empreinte génétique dans 17 groupes allant de la Méditerranée au golfe Persique.

On détecte aussi une « signature » européenne jusqu’ici inconnue chez le peuple Tu, dans le nord de la Chine, qui semble avoir commencé vers l’an 1200 — l’époque où les prédécesseurs de Marco Polo commençaient à parcourir la route de la soie.

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