Tout comme les humains, les animaux ont évolué d’une manière à assurer la survie de leur espèce. Certains utilisent un camouflage sophistiqué, des griffes acérées ou un venin mortel pour y arriver. En plus de ces mécanismes de défense, d’autres espèces se démarquent par des signes d'intelligence qui viennent parfois bouleverser notre compréhension du règne animal. Voici quelques-uns de ces brillants animaux qui sont parvenus à impressionner les scientifiques.


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Les corneilles n’oublient pas votre visage

Si vous nourrissez une corneille, elle gardera sans doute un souvenir positif de vous pour toute sa vie. Elles ont une très bonne mémoire et une capacité phénoménale à reconnaître les visages.

Des scientifiques de l’Université de Washington ont étudié durant près de 20 ans le comportement des corneilles, jusqu’au dévoilement  des résultats de leurs recherches en 2015. Ils sont parvenus à démontrer cette affinité pour la reconnaissance à long terme des visages humains.

Une corneille

Les corneilles sont aussi bonnes que les éléphants pour retenir les visages. / Photo : iStock

Munis de différents masques, les scientifiques ont eu des comportements variés avec les corneilles. Elles ont ainsi rapidement développé des réactions négatives face aux personnes avec des masques associés à des comportements désagréables, alors qu’elles sont demeurées neutres ou excitées en présence des autres masques. Le plus intéressant dans cette expérience, c’est aussi que ces réactions ne changeaient pas même si plusieurs années pouvaient parfois s’écouler entre les différentes apparitions des scientifiques masqués. 

Nos cousins les chimpanzés

Les chimpanzés sont nos cousins les plus proches au sein du règne animal, nous partageons 98.7% de notre ADN avec eux. Même si leur cerveau ne fonctionne pas exactement comme le nôtre, les similarités sont donc non négligeables. Après tout, ils ont suivi une évolution assez similaire à celle de l’espèce humaine!

En captivité, certains chimpanzés ont appris à communiquer avec les humains par des gestes et des sons, pour poser des questions et même pour exprimer leurs émotions. Ils ont aussi une grande capacité d'apprentissage qui leur permet de résoudre de nombreux problèmes logiques.

L'intelligence des chimpanzés est au cœur de nombreuses recherches scientifiques. / Photo : iStock

Dans les années 70, un chimpanzé du nom de Nim Chimpsky (une dénomination inspirée bien sûr par le célèbre nom de Noam Chomsky) a démontré une habileté surprenante dans l’apprentissage du langage des signes. Baptisées Projet Nim, ces expériences ont permis d’avancer les théories sur l’intelligence des primates.

Les phrases prononcées par Nim étaient assez simples, mais tout de même impressionnantes : « Nim veut orange », « Boire pour Nim», « Nim mange », etc. Il parvenait à utiliser les bons signes pour différencier différents objets et différents types de nourriture.

Aujourd’hui, des débats sont encore présents concernant le Projet Nim.  Des scientifiques considèrent qu'il s’agissait d’un simple conditionnement de Nim par sa famille humaine alors que d'autres évoquent l'expérience comme une preuve de la capacité des primates à apprendre un nouveau langage. Une chose est certaine : Nim possédait une forme d’intelligence rarement vue dans le monde animal.

S’évader comme une pieuvre

En plus de posséder un camouflage impressionnant et des capacités de contorsions qui dépassent l’entendement, la pieuvre utilise aussi son intelligence pour survivre et s’adapter des situations variées.

Les pieuvres sont les maîtres de l’évasion. Leur flexibilité inégalée combinée à leur intelligence leur permet de se faufiler dans les plus petits espaces pour s’échapper. Le bec est la seule partie du corps d’une pieuvre qui est rigide, si celui-ci peut s’insérer dans un espace, le reste de l’animal peut donc suivre.

En 2016, Inky, une pieuvre de l’Aquarium national de la Nouvelle-Zélande, s’est échappée de son enclos aquatique pour se glisser jusqu’à un tuyau d’écoulement qui se déversait dans l’océan pacifique. Sa fugue en plusieurs étapes fut aussi rapide que brillante.

Les évasions de la sorte ne sont pas si rares chez les pieuvres, et leur intelligence est bien documentée. Elles savent rapidement trouver des solutions à des obstacles, comme ouvrir un pot pour atteindre de la nourriture, ou encore utiliser des coquillages comme cachette afin de surprendre une proie.

Mémoire d’éléphant

La mémoire d’éléphant n’est pas qu’une expression ou un mythe :  l’éléphant n’oublie jamais. Il vaut mieux ne pas se trouver dans les mauvaises grâces d’un tel animal! Ils sont aussi l'un des rares animaux qui parviennent à se reconnaître dans un miroir, une capacité cognitive avancée qui se développe vers 2 ans chez l’espèce humaine.

Selon le journal Scientific American, la mémoire des éléphants constitue un rôle essentiel pour assurer la survie de leur espèce au quotidien. Ils se souviennent des visages pour assurer la cohésion ainsi que la sécurité du troupeau, et leur mémoire permet aussi de prévoir les trajets et de retrouver des sources d’eau et de nourriture après plusieurs années.

Les troupeaux d'éléphants sont généralement guidés par une matriarche / Photo : iStock

Les scientifiques ont aussi constaté que les éléphants étaient capables de reconnaître leurs confrères et leurs consoeurs, même après plusieurs dizaines d’années d’absence.

La matriarche d’un groupe d’éléphants utilise cette mémoire phénoménale pour guider le troupeau lors de périodes difficiles, comme en cas de sécheresse ou de déforestation. Les éléphants peuvent vivre en moyenne jusqu’à 70 ans, la mémoire est donc un outil indispensable pour accompagner cette longévité.