Selon des indices découverts lors de fouilles archéologiques, les humains navigueraient les eaux depuis la préhistoire. À l’aide de simples barques creusées dans des troncs ou de puissants mastodontes d’acier, notre espèce parcourt donc depuis très longtemps les rivières, les lacs, les mers et les océans avec ferveur. À la surface comme sous les vagues, certains mystères cachés par ces étendues d’eau ont alimenté les mythes et les légendes de plusieurs civilisations, tout en hantant les esprits les plus téméraires.


Lundi à 21 h, la série documentaire Trésors sous les mers révèle ce qui se cache à des kilomètres sous la surface des mers grâce à des techniques informatiques de pointe. C’est donc un nouveau monde à découvrir sur ICI Explora pour les amateurs et amatrices des fonds marins!


Les disparus de l'expédition Franklin

En 1845, une expédition de la marine royale britannique dirigée par le capitaine John Franklin quitte les côtes de l’Angleterre pour tenter de découvrir le passage du Nord-Ouest, en Arctique. À bord de deux navires, le HMS Terror et le HMS Erebus, un équipage de 129 hommes s’était préparé pour ce périple qui devait durer de nombreux mois. Or, l’expédition tourne mal : le capitaine et ses marins n’ont jamais été retrouvés, à l’exception de quelques dépouilles découvertes sur l’île Beechey et l’île du Roi-Guillaume, au Nunavut.

À ce dernier emplacement, une seconde expédition a pu retrouver une note datant d’avril 1848 et signée par les capitaines qui témoigne de la désertion des deux navires et de la mort de 24 hommes, dont John Franklin. 

En étudiant les quelques dépouilles enterrées par l’équipage sur les îles Beechey et du Roi-Guillaume, les scientifiques ont repéré des signes qui portent à croire que les marins, mourant de faim, auraient commis des actes de cannibalisme. La théorie principale sur les causes de la tragédie stipule que les navires se sont probablement retrouvés prisonniers des glaces et que les marins auraient été peu à peu décimés par la famine, le froid et la maladie. 

De nombreuses expéditions et recherches infructueuses se sont étalées sur plus de 150 ans, mais ce n’est qu’en 2014 qu’une équipe canadienne repère finalement les vestiges du HMS Erebus, au fond du golfe de la Reine-Maud. Deux années plus tard, l’épave bien préservée du HMS Terror est retrouvée près de l’île du Roi-Guillaume, à environ 100 kilomètres du premier navire. 

Le sort des marins disparus demeure entouré de mystère, mais les scientifiques continuent d’étudier les épaves du HMS Erebus et du HMS Terror afin de trouver de nouveaux indices qui pourraient confirmer la nature de la tragédie. 

Le bloop

Ce mystérieux son sous-marin est capté à plusieurs reprises en 1997 par l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA). En ultrabasse fréquence, il s’agit, selon The Atlantic, du son sous-marin non identifié le plus puissant jamais enregistré. 

Après l’été 1997, l’onde sonore détectée par des hydrophones à plus de 8000 kilomètres de l’épicentre n’a jamais été entendue de nouveau. Les scientifiques estiment que, bien que ce bruit s’apparente au profil audio de certains animaux, il ne pourrait pas être produit par un être vivant, puisque celui-ci serait gigantesque – bien plus grand que le plus gros animal vivant à notre époque : la baleine bleue. 

De nombreux experts ainsi que la NOAA croient que le bloop pourrait avoir été produit par d’énormes tremblements de glace, ou encore par la désintégration d’un gigantesque iceberg. Bien que cette explication soit beaucoup moins terrifiante que celle d’une créature gigantesque des fonds marins, la véritable nature du bloop n’a jamais pu être confirmée hors de tout doute.

Le Triangle des Bermudes

La réputation du fameux Triangle des Bermudes n’est plus à faire. Que ce soit au cinéma ou dans la littérature, de nombreuses personnes derrière des œuvres de fiction se sont inspirées des légendes entourant cette zone de l’océan Atlantique. En plus des nombreux navires qui ont disparu dans ce secteur situé entre la Floride, les Bermudes et Porto Rico, plusieurs avions ont subi le même sort.

Le nombre exact de disparitions survenues dans cette région du monde n’est pas connu et varie selon les sources, mais l’encyclopédie Britannica souligne que l’estimation la plus courante est de 50 navires et 20 avions. Des cas médiatisés, comme celui de l’USS Cyclops – un navire disparu sans laisser de trace avec 300 marins en avril 1918 –, ont alimenté les légendes entourant le Triangle des Bermudes.

Bien que plusieurs auteurs aient des théories plutôt farfelues sur l’origine de ces disparitions, certains scientifiques expliquent le tout par des phénomènes naturels liés au climat ou par une production massive de méthane sous la surface de l’eau. Bien sûr, le facteur humain n’est pas non plus écarté de leurs théories. Par ailleurs, selon un rapport de 2013 du Fonds mondial pour la nature (WWF), la zone ne serait pas l’une des plus dangereuses pour la navigation. 

Il faut aussi considérer qu’un très grand nombre de navires et d’avions circulent quotidiennement au cœur du Triangle des Bermudes sans aucun problème, contrairement au mythe voulant que les capitaines et les pilotes évitent cette zone. Un trafic ainsi accru peut aussi expliquer l’impression qu’il y a plus d’accidents dans cette région du monde qu’ailleurs, même si ce n’est pas le cas, toutes proportions gardées. 

Le calmar colossal

Le concept de calmar géant est évocateur du folklore scandinave et de ces fresques de marins qui tentent de repousser un kraken, ce monstre marin agrippant les navires à l’aide de multiples tentacules. Pourtant, comme bien des légendes, il semble y avoir un brin de vérité dans ces vieux récits de navigateurs : le calmar colossal est en effet un animal bien réel. Encore plus imposant que le calmar géant, il peut atteindre une longueur estimée à 14 mètres, ce qui en fait le plus grand des invertébrés connus.

On en sait très peu sur cette mystérieuse espèce de calmars; en effet, rares sont les spécimens capturés, et aucun mâle n’a encore été observé. Son habitat, dans les profondeurs extrêmes des océans du sud, explique les observations limitées de ce curieux mollusque. En plus de ses longs tentacules, le calmar colossal possède les plus grands yeux du monde animal : ceux-ci mesurent jusqu’à 40 centimètres dans le cas des spécimens observés jusqu’à maintenant.

Des calmars colossaux encore plus imposants pourraient exister dans les profondeurs : des marques trouvées sur certaines des plus grandes baleines témoignent des combats féroces qui s’y déroulent entre ces espèces gigantesques. Il serait bien étonnant que de telles créatures aient attaqué des bateaux par le passé, mais l’imaginaire des marins d’autrefois a peut-être bien été alimenté par des aperçus de ces créatures pour le moins mystérieuses.