Les traumatismes d’une vie peuvent laisser des marques sur les gènes, comme des études animales l’ont démontré depuis 10 ans. Mais ces changements peuvent-ils être transmis à la génération suivante?

Depuis 2012, un projet de recherche se penche sur cette épineuse question... avec l’aide d’enfants de survivants de l’Holocauste. Dirigée par la neurologue Rachel Yehuda, de l’École de médecine Mont-Sinaï à New York, cette recherche vise plus précisément à identifier d’éventuelles empreintes moléculaires sur des gènes qui auraient été transmises des parents aux enfants, sans altérer la séquence des gènes elle-même.

Des résultats préliminaires sont parus en mai dans l’American Journal of Psychiatry : en gros, un type d’empreinte (appelé méthylation) ressort effectivement chez les enfants dont un des parents a survécu aux camps de concentration — mais l’effet semble être différent, suivant que le survivant ait été le père ou la mère.