Le narval aime les eaux froides de l'Arctique.
iStock/dottedhippo

Les conclusions d’une récente étude sur l’avenir de l’ours polaire publiées dans le réputé magazine Nature Climate Change lundi dernier ont de quoi alarmer les amoureux de la grosse bête, comme le photographe Mario Cyr. Selon cette étude, il est fort probable que l’espèce disparaîtra d’ici 80 ans si rien n’est fait pour contrer les effets néfastes des changements climatiques.

Le problème auquel fait face l’espèce animale peuplant l’Arctique est que la température s’y réchauffe à un rythme moyen deux fois plus rapide qu’ailleurs sur le globe, ce qui accélère la fonte des glaces. Or, comme l’ours polaire chasse souvent le phoque sur les banquises et que celles-ci se font de plus en plus rares, cela entraîne de graves conséquences sur l’alimentation de l’emblématique animal blanc. C’est aussi sur les banquises que la femelle se réfugie pour donner naissance à ses petits et attendre l’arrivée du printemps.

Ces problèmes d’alimentation et de reproduction pourraient donc causer l’extinction de l’espèce d’ici 2100, à moins d’un changement radical pour ralentir le réchauffement de l’Arctique.

Ce constat troublant nous amène à nous demander quelles autres espèces du règne animal pourraient potentiellement disparaître au cours des prochaines décennies.

En voici cinq d’entre elles.

Le tigre

Un tigre dans son habitat naturel, en Inde.
Crédits photo : iStock/Gannet77
 

Les neuf sous-espèces du majestueux félin ne comptent plus que 3900 individus sur la terre entière. La majorité des tigres sauvages habite aujourd’hui l’Inde.

Il y a un peu plus de 100 ans, la population mondiale de tigres sauvages était de 100 000 individus, ce qui prouve son déclin rapide et brutal. De nombreux facteurs expliquent cette chute importante, dont la chasse – qui est aujourd’hui interdite – et la réduction de la superficie de son habitat naturel due à la déforestation. 

Cela a amené un autre problème d’importance : sa diversité génétique s’est effondrée, puisque les différentes populations de tigres sauvages se reproduisent beaucoup moins fréquemment les unes avec les autres.

Un monde sans tigres? Non, merci.

Le narval

Le narval aime les eaux froides de l'Arctique.
Crédits photo : iStock/dottedhippo
 

Le mythique animal à la corne apprécie particulièrement la température froide du Grand Nord, son habitat naturel. En été, 90 % de la population de l’espèce nage d’ailleurs dans les eaux de l’Arctique canadien.

Tout comme l’ours polaire, la licorne des mers souffre beaucoup des bouleversements climatiques et de la fonte des glaces. Ces phénomènes lui causent des ennuis pour pêcher, puisque les bancs de poissons, importante source de nourriture, modifient leur comportement en conséquence. La diminution du nombre de banquises est un autre imposant défi pour le narval, qui vit dans les fissures de glace du Grand Nord. Cela facilite aussi la tâche à l’orque, un de ses principaux prédateurs, pour repérer les individus et les chasser. 

De nos jours, la population mondiale de narvals est estimée à environ 170 000 individus, mais les obstacles auxquels l’espèce fait face pourraient bien la faire décliner rapidement.

Nous ne voulons surtout pas que la licorne des mers ne soit plus véritablement qu’un mythe.

Le monarque

Le monarque est un papillon migrateur emblématique de l'Amérique du Nord.
Crédits photo : iStock/Serge Lariviere
 

Reconnu pour ses ailes tachetées d’orange, de noir et de blanc, le monarque est un des papillons migrateurs les plus populaires en Amérique du Nord. Si les voyages de longue distance ne lui causent pas d’ennuis – rappelons qu’il parcourt 4000 kilomètres annuellement! –, d’autres enjeux pourraient cependant jouer un rôle d’importance dans sa survie.

Depuis un peu plus de 20 ans, la population de monarques est passée de 1 milliard d’individus à 60 millions. Cette chute extraordinaire serait explicable par la réduction importante des lieux d’hivernage, au Mexique, où les individus se rassemblent au cours de la saison froide. La déforestation force les populations de monarques à être de plus en plus entassées dans leur habitat naturel. 

D’autres facteurs, comme la diminution du nombre d’asclépiades, les plantes essentielles à la survie de la chenille du monarque, ainsi que les pesticides, ont aussi contribué au déclin du magnifique papillon.
Le proverbe un de perdu, dix de retrouvés ne s’applique malheureusement pas ici.

Le caribou

Le caribou est un animal bien connu au Canada.
Crédits photo : iStock/milehightraveler
 

Emblème du Canada, le caribou, appelé « renne » en Scandinavie et en Russie, fait lui aussi face à une multitude d’obstacles qui pourraient mener à son extinction.

Tout comme c’est le cas chez l’ours polaire et le narval, les changements climatiques causés par l’être humain pourraient bien avoir raison de l’espèce. Puisque la superficie de son habitat naturel, la forêt boréale, est notamment réduite en raison de feux et de l’exploitation des forêts, les individus ont de plus en plus de difficulté à s’alimenter et à se reproduire. Il a récemment été estimé que la taille de certains troupeaux a été réduite de 95 % à 98 %, une diminution alarmante. 

En 1993, le nombre de caribous migrateurs de l’est était approximativement de 800 000. Or, aujourd’hui, il n’y aurait que quelques milliers d’individus toujours vivants.

Mais que ferait donc le père Noël sans rennes?

 

Le béluga

 

Le béluga peuple notamment l'estuaire du fleuve Saint-Laurent.
Crédits photo : iStock/slowmotiongli
 

 

En 2014, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a officiellement ajouté le béluga aux espèces en voie de disparition sur son territoire. L’espèce éprouve des difficultés, particulièrement depuis trois générations, qui ont causé une diminution de plus de 50 % de sa population.

Les causes de ce déclin sont nombreuses : la pollution, les ennuis liés au développement industriel, les maladies et la multiplication d’algues toxiques, entre autres. Un facteur additionnel à ne pas négliger est le fait que les populations de l’espèce sont de plus en plus vieillissantes et que les jeunes bélugas se font de plus en plus rares en raison du taux de mortalité important chez les nouveau-nés. 

Est-ce que les quelque mille bélugas peuplant l’estuaire du fleuve Saint-Laurent depuis les années 80 ne seront, éventuellement, plus qu’un souvenir? C’est fort probable, mais ce serait ô combien désolant.

Voilà qui complète notre recensement de quelques-unes des espèces animales qui pourraient bien disparaître complètement de la surface de la Terre dans un avenir pas si lointain.

À la semaine prochaine pour un autre billet de la série Insolite!