Photo prise par Andrés Nieto Porras/Wikimedia Commons

Le taux de survie des bébés prématurés ne cesse de s’améliorer. Mais les conséquences sur leur développement sont encore très mal connues. C’est le contraste cruel qui ressort d’un reportage publié le 3 février par la revue Nature. « Nous ne faisons que commencer à comprendre les effets d’une naissance prématurée », y résume-t-on.

Jusqu’aux années 1970, les chances de survie d’un bébé né avant la 37e semaine de grossesse étaient très minces. Aujourd’hui, certains hôpitaux sont parvenus à sauver des bébés nés à 23 semaines. Mais en contrepartie, les risques d’une paralysie cérébrale, qui sont de 1 à 2 % chez les bébés nés à terme, sont de 9 % chez ceux nés à 32 semaines et de 18 % chez ceux nés à 26 semaines.

Et avec les années, le portrait à plus long terme se précise : les prématurés seraient plus à risque de souffrir, à l’école, de troubles d’apprentissage ou de comportement — jusqu’à la moitié d’entre eux, selon l’étude française EPIPAGE.

Le problème est en partie un manque de recherches : il est difficile, et parfois délicat, de suivre pendant plusieurs années, voire jusqu’à l’âge adulte, des centaines ou des milliers de prématurés, pour leur faire subir régulièrement des tests d’apprentissage et de comportement, avec toute l’incertitude que cela fait peser sur eux et sur leurs parents.