(Photo prise par Michel Bernèche)

Je vous entraîne une fois de plus dans mon périple d’un mois aux Philippines où je suis partie faire un webdocumentaire avec mon copain sur les différentes initiatives visant à permettre aux plus pauvres de se nourrir convenablement.

Nous connaissons peut-être jusqu’à cinq sortes de riz, mais nous n’imaginons pas qu’il en existe des milliers! La ferme de l’organisme MASIPAG cultive environ 1000 sortes de grains de riz. C’est une banque de semences biologiques pour les fermiers qui désirent développer de nouvelles variétés ou qui ont perdu leurs semences dû à une catastrophe naturelle.

Ce n’est pas ce qu’on attend d’une banque de semences… dans les champs plutôt que dans des pots sur des étagères! Il y en a aussi d’entreposées, mais le but est de les cultiver pour qu’elles continuent à s’adapter à leur environnement.

Certains grains résistent mieux à l'eau, d'autres à la sécheresse, certains sont foncés, d'autres blancs... C'est une diversité que l'organisme essaie de conserver.

LA VIE DE FERMIER

Bonnie, un des fermiers qui entretient cette banque de semences, parlait l’anglais, alors j'ai pu en apprendre plus sur son monde.

Il vient d'une famille nombreuse. Ses frères et soeurs travaillent à la ferme familiale mais il n'y avait pas assez de travail pour lui. Il s'est donc retrouvé à travailler ici, à la ferme de MASIPAG. Même s'il n'est pas beaucoup scolarisé, il connaît l'anglais... ce qui est assez rare en campagne.

L'ÉDUCATION EN CAMPAGNE

Bonnie m'a expliqué que les jeunes en campagne ne vont pas toujours à l’école même si l’éducation est gratuite jusqu’à l’université. Ce sont les habits et les livres qui coûtent chers pour les parents, surtout considérant le fait que les fermiers gagnent 200 pesos par jour, ce qui équivaut à environ 5$ Canadien.

Le petit garçon de six ans qui passait ses journées autour de la ferme de MASIPAG ne va pas à l'école, selon Bonnie, car ses parents n'y sont pas allés eux-mêmes. Ce n'est donc pas une priorité pour eux. Cela peut toutefois limiter leur enfant à ne pouvoir travailler que sur une ferme ou en construction.

Et si jamais il se faisait mal en travaillant, il n'y a pas d'assurance, donc il n'aurait d'autres choix que de se débrouiller par lui-même pour gagner sa vie.

ENTOURÉ D'ANIMAUX

Bonnie vit dans un environnement qui grouille de vie et de bruits. Bien sûr, on y retrouve des coqs comme en ville, mais j'ai pu remarquer dans sa maison qu'il y avait toujours des autoroutes de fourmis sur les murs de béton où circulent aussi des petits lézards qui ont un cri caractéristique à toute heure de la journée ou de la nuit.

À la ferme, il vit aussi entouré de canards qui sont envoyés dans les champs afin qu'ils mangent les escargots qui détruisent les plants de riz. Les escargots n'existaient pas avant aux Philippines. Selon une légende, ce serait la femme de l'ancien dictateur Marco qui aurait goûté à des escargots à l'étranger et qui aurait voulu les introduire au pays afin que les paysans s'en nourrissent.

Toutefois, le plan n'a pas fonctionné comme voulu. Les fermiers n'ont pas voulu manger ces escargots qui se nourrissaient entre autres de la charogne. L'espèce se serait donc propagée jusqu'à devenir une peste pour les fermiers et un combat de tous les jours...

(Photo prise par Michel Bernèche)