Le Pharmachien n’a pas dit son dernier mot
Lawrence Arcouette pour Radio-Canada

La troisième saison des Aventures du Pharmachien  débute ce vendredi sur ICI Explora. Pour célébrer sa diffusion imminente, l’animateur, Olivier Bernard, a convié ses fans à un lancement intime dans un resto-bar du Quartier latin à Montréal. Nous en avons profité pour lui poser quelques questions sur les nouveaux épisodes, qui s’annoncent aussi surprenants qu’hilarants.

Les tournages sont maintenant terminés. Après coup, quelles sont vos plus grandes réussites ou fiertés de la saison?

D’abord, pour la première fois en trois ans, une naturopathe a accepté de participer à l’émission. Je nous estime d’ailleurs très chanceux. Mais ma plus importante fierté demeure ma rencontre avec mon idole, le docteur Ernst, l’expert le plus reconnu au monde sur les thérapies alternatives. Il m’a reçu dans son bureau en Angleterre. L’entrevue sera présentée dans le premier épisode, qui aborde l'ostéopathie.

Est-ce qu’un sujet vous a particulièrement étonné?

Il y a des affaires vraiment étranges qui se sont passées pendant les tournages de la troisième saison. Lorsqu’on a fait l’épisode sur le dépistage, j’ai découvert, en me faisant passer des électrocardiogrammes, que j’ai un problème de conduction cardiaque. L’objectif de cette émission vise à démontrer que le fait de subir des tests de façon abusive peut mener à des diagnostics qu’on aurait préféré ignorer. Au final, j’ai été pris à mon propre jeu. Je connais maintenant ce problème et je ne peux rien faire pour le changer.

Un épisode de la troisième saison a-t-il repoussé les limites de vos présomptions?

Cela survient régulièrement. Cette saison-ci, par exemple, mes a priori sur l’accouchement à domicile ont été démentis. Étant une personne qui ne connaissait rien du tout à ce sujet, je croyais qu’il se révélait plus dangereux pour la mère de donner naissance ailleurs qu’à l’hôpital. J’ai finalement compris que pour la plupart des grossesses, il n’y a pas de risques. Et cela m’a réellement surpris. À la fin des épisodes, mes opinions s’avèrent souvent plus nuancées qu’au début.

Dans la bande-annonce de la saison, vous dites déjà avoir reçu des menaces à propos de l’épisode sur la diète cétogène qui sera présenté au cours des prochaines semaines. C’est vrai?

J’ai souvent reçu des menaces. Dans ce cas-ci, j’ai reçu une vague d’insultes très intenses. Une de mes intervenantes, de son côté, a écopé d’une tonne de menaces violentes. Il m’arrive régulièrement de penser mettre un terme aux Aventures du Pharmachien à cause des multiples représailles. Les gens qui pensent que nous pouvons nous habituer à ce genre de commentaires se trompent. La santé est devenue un sujet très sensible.

Justement, croyez-vous que la santé est un sujet plus épineux qu’auparavant?

Certainement. Les gens ont maintenant accès à l’information et, depuis, certaines personnes croient qu’elles n’ont plus besoin de se fier au médecin ou au pharmacien. Tout le monde s’improvise expert depuis l’avènement d’Internet et des réseaux sociaux. Alors, quand tu oses contredire un client qui a fait ses recherches, ce dernier le prend souvent de façon très personnelle. Ce phénomène n’existait pas dans le passé. Le travail est devenu beaucoup plus ardu qu’avant.

Le Pharmachien a-t-il un réel impact dans la société?

Absolument. Mes plus grandes réussites surviennent lorsqu’un téléspectateur me témoigne que l’émission a eu de véritables conséquences positives sur sa vie. Je me souviendrai toujours d’un homme qui m’avait écrit pour me dire que sa mère avait eu un diagnostic de cancer et qu’elle refusait la chimiothérapie. Après avoir écouté l’épisode sur le sujet, cette femme avait décidé d’aller de l’avant avec les traitements. C’est malade de penser que j’ai eu une influence sur la vie de cette personne-là.

Pour ne rien manquer des Aventures du Pharmachien, rendez-vous ce vendredi à 19 h 30 sur ICI Explora. Au cours de la saison, Olivier Bernard déboulonnera notamment les mythes sur l’ostéopathie, la diète cétogène, la maladie de Lyme, l’autisme, les suppléments de vitamines et les régimes végétaliens.