Quel est notre sujet de conversation préféré? Nous-même. Pourquoi? Parce qu’après, on se sent mieux.

Nous serions donc de vilains égocentriques? On pourrait le croire à lire certaines statistiques qui ont fait jaser dans un passé récent : en moyenne, les gens consacreraient 60% de leurs conversations à eux-mêmes. Une proportion qui grimperait à 80% sur Twitter ou Facebook.

Mais ce n’est pas nécessairement de l’égocentrisme. L’explication qu’apporte aujourd’hui notre cerveau est plus simple : ça fait du bien. Des chercheurs en neurosciences ont en effet observé ce qui se passe entre les deux oreilles de 195 volontaires tandis qu’ils leur faisaient parler de plusieurs choses — entre autres choses, d’eux-mêmes. Lorsque surgissait ce dernier sujet, une activité particulière se manifestait dans le cerveau : trois régions actives, dont deux qui ne sont pas traditionnellement associées au fait de penser à soi — mais qui sont en revanche associées à la récompense.

Autrement dit, parler de soi et mordre dans un bon chocolat, même effet?

C’est ce qu’il semble. Encore que cette première expérience, menée au Laboratoire des neurosciences de l’Université Harvard, laissait une incertitude : parler avec un chercheur dans un contexte de recherche n’est pas la même chose que de parler avec un ami intéressé par ce qu’il y a de neuf dans notre vie. L’équipe, qui rapportait le tout en mai dans la revue PNAS, a donc fait un suivi, en demandant aux « cobayes » de revenir, accompagnés cette fois d’un ami. Ils ont installé l’ami dans une autre pièce, et ont fait à nouveau parler leurs volontaires, mais en leur disant tour à tour si leurs propos étaient transmis dans l’autre pièce ou non — autrement dit, si quelqu’un les écoutait ou non.

Résultat? Répondre à des questions sur soi-même activait encore le même trio de régions du cerveau... et y répondre « publiquement » les activait encore plus. Moralité : vaut mieux parler de soi aux autres que de se parler tout seul.

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