(Photo prise par JP Hamon / Wikimedia Commons)

Cet été, on apprenait que le plus grand papillon d’Amérique du Nord, le grand porte-queue, s’était installé au Québec.

Si la nouvelle est intéressante en soi, elle en cache une autre encore plus remarquable : en effet, depuis 1990, à l’instar de ce grand papillon jaune et noir, au moins une dizaine d’autres papillons diurnes ont étendu leur aire de répartition plus au nord, en réponse aux changements climatiques.

L’hespérie de Logan, par exemple, est répertoriée à une latitude plus nordique de 150 km par rapport à dix auparavant – comme le grand porte-queue. L’hespérie à taches vitreuses, l’hespérie délicate et l’hespérie nuageuse se trouvent, quant à elles, de 50 à 100 km plus au nord.

C’est considérable, explique Maxim Larrivée, entomologiste à l’Insectarium de Montréal et spécialiste de l’effet des changements climatiques sur les papillons : « En 2011, une étude européenne avait comparé la vitesse de progression vers le nord de 1000 espèces d’invertébrés et de vertébrés. Résultat: la moyenne de déplacement était de 16 km par décennie. Cela signifie que plusieurs papillons nord-américains progressent de deux à trois fois plus rapidement. »

L’étude avait d’ailleurs confirmé que les papillons se situaient parmi les organismes qui étendent le plus rapidement leur répartition vers le nord. Pour ceux que le sujet intéresse, sachez que vous pouvez contribuer à la recherche scientifique en notant vos observations de papillons sur le site eButterfly, un programme de science citoyenne mettant en lien les scientifiques et les entomologistes amateurs.

Sachez d’ailleurs que l’hespérie de l’indigo sauvage et le papillon tigré de l’Est sont à nos portes. Serez-vous le premier à noter leur présence au Québec?