Dans l’Arctique, des formes de vie minuscules chamboulent les savants calculs des climatologues. Les chercheurs Dan Nguyen et Roxane Maranger, de l’Université de Montréal, viennent de démontrer que leur rôle avait été sous-estimé dans les modèles décrivant le cycle du CO2.

Lors d’un séjour à bord du brise-glace canadien Amundsen, ils ont étudié l’activité des microorganismes dans ces froides contrées. Ils ont montré que le CO2 qui se dégage des glaces provient en grande partie de la respiration des bactéries, et que le cycle d’émission et de captation du CO2 varie selon les saisons.

Au printemps, la production d’algues augmente, et la captation de CO2 est plus importante que son émission, mais à la fin de cette période, les émissions de CO2 dépassent la captation. Au final, les microorganismes présents dans la glace emmagasinent plus de gaz carbonique qu’ils n’en émettent, mais la situation s’inverse lorsqu’on observe les eaux de surface. La différence est si importante que l’Arctique absorberait moins de CO2 qu’on le croyait.