Les prédateurs situés au sommet de la chaîne alimentaire sont d’une importance cruciale pour l’équilibre des écosystèmes. Jusque-là, rien de nouveau sous le soleil. Mais une revue de la littérature publiée dans la réputée revue Science place la disparition de ces animaux en première place des influences humaines les plus insidieuses sur la nature.

Les vingt-quatre chercheurs de l’étude soulignent en effet que les prédateurs sont en déclin partout sur la planète, que leur extinction est irréversible et que les répercussions de leur disparition sont beaucoup plus étendues qu’on ne le croyait.

En Afrique subsaharienne, par exemple, la raréfaction des lions et des léopards a causé des booms démographiques chez les babouins. À la recherche d’aliments, ces singes se sont rapprochés des humains, et ce rapprochement, couplé à l’augmentation de leur densité, a provoqué une recrudescence de parasites intestinaux chez les babouins et les humains vivant à proximité.

Des exemples comme ceux-ci, les chercheurs en ont dénombré des dizaines et des dizaines. Tous ne se rapportent pas à l’éclosion de maladies. D’autres – nombreux – rapportent un raccourcissement de la chaîne alimentaire : souvent, les herbivores sont en plus grand nombre, ce qui diminue l’abondance de plantes et modifie la composition des communautés végétales.

L’effet du déclin des grands prédateurs se fait même sentir jusque dans la dynamique des feux, la séquestration du carbone, l’apparition d’espèces envahissantes et l’équilibre des échanges biochimiques entre le sol, l’eau et l’atmosphère.