Lorsque la triple médaillée olympique Diane Roy franchira la ligne d’arrivée de ses roues aux Jeux paralympiques, du 29 août au 9 septembre, elle aura une pensée pour PERSEUS, le groupe de recherche sur la performance et la sécurité de l’Université de Sherbrooke.

Prolongement de l’athlète, son fauteuil a été ajusté pour qu’elle puisse décrocher d’autres médailles aux Jeux de Londres. « Nous avons optimisé la position de l’athlète pour qu’elle puisse être encore plus rapide », explique Ève Langelier, professeure de génie mécanique et membre de PERSEUS.

Ce n’est pas la première participation de ce groupe aux Jeux paralympiques. Déjà en 2010, à Vancouver, l’équipe avait réalisé des « sit-skis » ou monoskis pour le ski alpin et de fond.

Pour les jeux d’été, les chercheurs ont conçu différents outils d’entraînement pour l’athlétisme. Le doctorant et ingénieur, Jean-Luc Lessard a ainsi mis au point un ergomètre, une machine qui stimule les conditions de course en laboratoire d’un ensemble fauteuil-athlète. « Nous pouvons simuler — avec le moteur — une inertie plus ou moins grande selon l’athlète. Cela permet d’accélérer le fauteuil à une vitesse permettant de réaliser beaucoup plus d’essais sans fatiguer l’athlète. »

L’ergomètre se dote d’un « servomoteur » modulant la résistance selon la vitesse, la friction de la piste et de la pente. Cela permet de simuler un départ difficile dans une côte ou avec du vent.

« Et sans avoir à fabriquer un nouveau fauteuil pour chaque configuration », ajoute Jean-Luc Lessard.

Anticiper la course

Différentes disciplines aux paralympiques — 100m, 400m, 800m, 1500m, 5000m, 10 000m et le marathon de 42km — démontreront l’importance d’avoir un fauteuil performant et plus facile à conduire. Les pointes de vitesse se situent autour de 38-39 km/h. Au marathon de Boston, le record affiche une moyenne de 32,5 km/h — soit 42 km en 1h18!

Est-ce que ce type de fauteuil peut ouvrir la route des jeux à plus d’athlètes? « On ne va pas amener plus de gens à faire de la compétition mais ceux qui en font vont progresser plus rapidement », assure Ève Langelier.

Pour en savoir plus :

- Le groupe de recherche PERSEUS