Difficile de résister, lorsqu’on apprend qu’un chercheur financé par la NASA travaille sur un « moteur warp », ce système de propulsion utilisé dans Star Trek... Il fallait donc s’attendre à ce que tôt ou tard, un scientifique explique les menues difficultés, et c’est le cosmologiste et vulgarisateur Sean Carroll qui s’y est collé.

Le mot anglais warp (plier) fait référence à la nécessité de, littéralement, « plier » l’espace autour du vaisseau afin de voyager plus vite que la lumière. Réagissant au travail du dénommé Harold White qui planche — sur papier et avec un budget symbolique — sur un « moteur warp Alcubierre », Carroll en parle comme d’un concept utile pour mieux comprendre la relativité générale et la physique quantique, mais sans utilité pratique.

Outre que l’idée de plier l’espace requiert, dit-il, de l’énergie négative, dont l’existence reste à prouver, cela requiert surtout une quantité d’énergie-matière « astrophysique » — autrement dit, l’équivalent de ce qu’une étoile comme la nôtre met quelques milliards d’années à brûler.