De plus en plus de Canadiens adoptent une alimentation exempte de produits laitiers d’origine animale. En plus des végétaliens, on compte parmi ces gens les carnivores et les végétariens qui ont décidé de les laisser de côté pour des raisons écologiques. D’ailleurs, selon une étude menée par l’Université d’Oxford, la production de lait de vache génère plus de gaz à effets de serre (GES) que les boissons végétales à base de soja, d’amandes, de riz et d’avoine.

Mais parmi ces laits véganes, lequel se montre le plus écologique?

Le lait de soja

Les aliments dérivés du soja gagnent en popularité depuis une dizaine d’années au pays. L’association canadienne Soy Canada souligne qu’entre 2006 et 2017, l’exploitation de cette plante a crû de 123 %. Tofu, tempeh, miso, sauce et lait : la production du soja a tant augmenté qu’elle représente aujourd’hui la quatrième semence la plus cultivée en ce qui concerne sa superficie au Canada.

Le développement local de cette légumineuse pourrait inévitablement faire d’elle l’une des options de rechange au lait de vache les plus intéressantes sur le plan écologique. Car, plus la distance entre le producteur et le consommateur est courte, plus l’empreinte carbonique liée au transport s’avère faible.

Dans un autre ordre d’idées, les boissons composées principalement de soja requièrent moins d’eau douce que les laits d’avoine, de riz et, surtout, d’amandes. Pour établir ce constat, l’Université d’Oxford, dans une étude citée par la BBC, a calculé la quantité d’eau douce utilisée à chacun des stades de la production, excluant la cuisson : de la transformation jusqu’au transport.

Cela étant dit, l’origine du lait de soja se révèle déterminante sur l’empreinte écologique liée à sa consommation. Le portail web d’informations scientifiques Futura explique que la culture de cette plante perturbe actuellement plusieurs environnements, notamment en Amérique du Sud, où elle est beaucoup cultivée. La production de soja participe activement, selon plusieurs experts, à la déforestation de la forêt amazonienne au Brésil (voir ci-dessous) et au déplacement de peuples autochtones dans le monde entier.  

Selon le Fonds mondial de la nature (WWF), 113 millions d’hectares ont été nécessaires pour produire le soja, seulement entre 2013 et 2014. Cette superficie équivaut aux surfaces de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne et de la France réunies.

Avant de consommer du lait de soja, il semble pertinent d’en apprendre davantage sur sa provenance ainsi que sur les impacts de sa production. Réclamer du soja responsable aux épiciers et aux grandes chaînes de restaurant apparaît également comme une partie intégrante d’un virage alimentaire plus vert.

Le lait d'amandes

La consommation de lait de soja n’a pas été la seule à grimper ces dernières années. D’après le magazine américain de vulgarisation scientifique Popular Science, la popularité mondiale du lait d’amandes a bondi de 250 % entre 2010 et 2015. Et selon lui, cet accroissement n’est pas près de s’arrêter.

En seulement 10 ans, la surface des vergers d’amandiers californiens, représentant 80 % de la production mondiale, a doublé, selon le journal français Le Monde. En 2018, la superficie de ces plantations représentait environ 4050 km2, soit 8 fois l’étendue de l’île de Montréal.  

Mais le problème avec cette croissance, c’est qu’elle perturbe considérablement les sources d’eau de la Californie, aux prises depuis quelques années avec des sécheresses perpétuelles. Si les chaleurs intenses restreignent l’accès à l’eau dans cet État américain, d’un autre côté, l’exploitation des amandiers en exige toujours plus.

À vrai dire, la culture d’amandes requiert déjà, en elle-même, une quantité abondante d’eau de source. L’Université d’Oxford affirme que la production de lait d’amandes a besoin davantage d’eau douce que les laits de soja, d’avoine et de riz. La production d’un seul verre de lait d’amandes (200 ml) nécessiterait 74 L d’eau.

Même si la production de lait d’amandes engendre moins de gaz à effet de serre que plusieurs autres laits végétaux, selon les chercheurs de l’Université, sa demande extrêmement abondante en eau de source fait d’elle l’une des boissons végétales les plus nocives sur le plan environnemental.

D’ailleurs, nombre de scientifiques soulignent l’impact ravageur de la culture d’amandiers sur les abeilles, qui sont essentiels pour la pollinisation de ces plantes. Dans un dossier à propos des amandes publié dans Le Monde, on mentionne que « les producteurs californiens ne trouvant plus assez d’insectes sur place pour polliniser leurs centaines de milliers d’hectares, ils louent désormais des abeilles en dehors des États-Unis. »

Le lait d'avoine

Le lait d’avoine gagnerait à être davantage popularisé pour ses bienfaits écologiques, juge le Dr Michalis Hadjikakou, cité dans le quotidien britannique The Guardian, et ce, principalement en raison de sa faible consommation d’eau douce. Le Water Footprint Network estime en ce sens que la production de lait d’amandes nécessite six fois plus d’eau que celle du lait d’avoine. Néanmoins, c’est le lait de soja qui remporte le titre du plus petit consommateur d’eau douce, si l’on se fie aux résultats obtenus par l’Université d’Oxford.

Autre point positif pour le lait d’avoine : le Canada est le plus grand exportateur de cette céréale dans le monde. Il est donc possible pour les Canadiens de s’alimenter de lait d’avoine produit localement, diminuant ainsi les gaz à effet de serre liés au transport.

De façon générale, il semble que les boissons dérivées du soja et de l’avoine engendrent une empreinte écologique similaire si elles sont achetées localement. Cela étant dit, les différentes pratiques culturales - dont certaines sont plus polluantes que d'autres - pourraient venir brouiller les cartes. 

Si des études démontrent actuellement que l’utilisation accrue de pesticides dans la production de soja génétiquement modifié entraîne des conséquences dévastatrices sur l’écosystème, peu de recherches semblent s’être intéressées à ce phénomène pour ce qui est de l’exploitation de l’avoine. S’informer plus amplement sur les pratiques agricoles peut, à cet effet, être encore plus bénéfique.

Le lait de riz

La consommation de lait de riz ne devrait pas être envisageable pour un Canadien soucieux d'avoir le plus petit impact écologique possible. À vrai dire, la production de riz, d’après les résultats obtenus par l’Université d’Oxford, engendre plus de GES que toutes les autres options présentées précédemment. Elle a, de surcroît, besoin d’une quantité astronomique d’eau douce, avoisinant celle que nécessite le lait d’amandes. Pour un verre de lait de riz, 54 litres d’eau douce sont essentiels.

Alors, quelle option de rechange au lait de vache est la plus écologique?

À la lueur des recherches précédentes, il semble que la solution la plus verte soit l’achat de lait de soja local. Les cultures de soja non génétiquement modifié seraient aussi à privilégier selon l'organisme Vigilance OGM, puisqu’elles requièrent moins de pesticides polluants, qui eux, dévastent des écosystèmes, principalement en Amérique du Sud. À noter que, sur le plan nutritif, le lait de soja s’avère également la meilleure option.

Une chose est sûre : la production de laits véganes se révèle moins polluante que celle du lait de vache. D’autres possibilités, telles que le lait de pois et de coco, s’offrent sur le marché. Pour savoir si l’impact environnemental de ces produits est important, commencez par vérifier s’il est produit localement.