Il n’y a pas que le bébé qui profite du lait maternel. Sa colonie de microbes en profite aussi, avec un impact sur son comportement qu’on ne fait peut-être que commencer à découvrir.

Le lait construit littéralement un écosystème à l’intérieur du bébé, résume la biologiste de l’évolution Katie Hinde, de l’Université Harvard. Considérant ce qu’on a appris depuis 10 ans sur le microbiome — l’ensemble des microbes qui nous habitent — ce postulat n’étonne pas.

Mais elle et son équipe vont plus loin, en pointant un processus à plus long terme : en « nourrissant » les microbes, la mère ne fait pas que favoriser la croissance de l’enfant, elle construit ses défenses contre les « mauvais » microbes.

Autrement dit, les bifidobactéries du bébé prennent à ce point le dessus qu’elles rendent la tâche plus difficile à toute nouvelle bactérie qui voudrait s’établir là-dedans.

Plus encore, à en croire des recherches récentes sur des souris, ces premiers microbes de l’intestin contribueraient au développement du système nerveux — et du coup, auraient une influence sur le comportement futur de l’enfant.

L’avantage de cette théorie, c’est que les biologistes vont pouvoir la tester — du moins, chez des souris.