La Chine peut-elle vraiment faire plafonner ses émissions de CO2 en 2030, comme elle l’a promis en novembre dernier ? L’objectif est ambitieux, mais atteignable, moyennant quelques conditions.

Déjà, des politiques imposant des économies d’énergie et des cibles précises de croissance à sept provinces, ont permis de réduire la croissance des émissions de CO2 par habitant de 28,5 % entre 2005 et 2013, selon un calcul réalisé par cinq chercheurs chinois, américains et britanniques.

Autrement dit, les gaz à effet de serre continuent de croître, mais moins que si le gouvernement chinois avait refusé de mettre le pied sur le frein. Reste que la croissance économique que vit la Chine contrecarre ces efforts, et une autre des conditions est d’imposer une taxe au carbone afin de maintenir la hausse des gaz à effet de serre à un maximum de 2 % par année d’ici 2035, écrivent ces chercheurs dans Nature — on s’éviterait ainsi 30 gigatonnes de CO2, soit l’équivalent de la production mondiale en 2013.

Enfin, il y a le problème des centrales au charbon. Déjà, deux des métropoles, Beijing et Tianjin, doivent réduire de moitié leur consommation de charbon d’ici 2017, non pas au nom de l’environnement, mais au nom de la santé publique.