Et si la tuberculose avait évolué à l’origine pour venir en aide à nos cerveaux lorsque nous faisions face à un déficit de viande? Un mélange de paléontologie — l’étude des ossements de nos ancêtres — et de neurologie fait découvrir depuis une dizaine d’années à quel point l’évolution de notre cerveau pourrait être liée à la consommation de viande.

En gros, le fait de commencer à manger de la viande, il y a 1 à 2 millions d’années, aurait contribué à l’expansion de notre cerveau, grâce aux calories et aux protéines que la viande fournissait en abondance.

On note aussi que la viande cuite contient des micronutriments, dont la nicotinamide ou vitamine B3. Or, le New Scientist soulève une hypothèse intrigante : si la nicotinamide a été à ce point importante à l’évolution de notre espèce, il serait normal que, parmi les millions de microbes qui peuplent nos intestins, certains aient évolué en conséquence, pour traiter plus efficacement la nicotinamide, lorsqu’il y en a trop ou pas assez.

On n’en connaît qu’un pour l’instant, et ce n’est pas un « bon » microbe : c’est la bactérie responsable de la tuberculose (Mycobacterium tuberculosis). Par ses gènes, on sait qu’elle accompagne les humains depuis au moins 70 000 ans, mais historiquement, les plus anciennes traces d’épidémies sont vieilles de 7 à 10 000 ans, soit l’époque de l’agriculture.

Si l’hypothèse est exacte, la bactérie, utile jusque-là, aurait en effet commencé à déraper lorsque la consommation de viande s’est mise à décliner dans la population en général.