Chaque année, 6,8 millions d’oiseaux percutent mortellement l’une ou l’autre des 84 000 tours de télécommunication du Canada et des États-Unis.

« Une telle tragédie pourrait être évitée », estime l’ornithologue américain Travis Longcore, principal auteur d’une étude parue dans la revue scientifique PLoS One. Le drame survient surtout la nuit, par mauvais temps. À cause des nuages, les oiseaux volent plus bas et sont privés de leurs repères habituels, telles les étoiles. Ils utilisent alors comme guides visuels les signaux lumineux rouges des antennes. Ils font des cercles autour des tours et finissent par heurter un câble de soutien.

D’après les calculs de Travis Longcore, on pourrait sauver la vie de 3 millions d’oiseaux (donc réduire de 44% le taux de mortalité) en remplaçant les lumières fixes par des lumières clignotantes sur les 4500 antennes qui mesurent plus de 150 m. Il faut savoir que les tours les plus hautes sont les plus dangereuses et que certaines peuvent atteindre 600 m, soit trois fois et demie la hauteur de la tour du stade olympique de Montréal.

La transition actuelle de l’analogique au numérique obligera la construction de nouvelles tours de télécommunication. Les auteurs recommandent aux décideurs d’opter pour des constructions ne nécessitant aucun câble. Ils suggèrent également que les entreprises de télécommunications partagent une même tour pour en réduire le nombre. Notons enfin que les chauves-souris sont également victimes des tours de communication, mais on ne sait pour le moment en quel nombre.