Excursion dans les coulisses du Gros laboratoire

Excursion dans les coulisses du Gros laboratoire

Martin Ouellet-Diotte , ICI EXPLORA

19 février 2020

La deuxième saison du Gros laboratoire vient de se terminer, mais les cobayes apparaissent une dernière fois à l’écran lors d’un documentaire qui permet d’explorer les dessous de cette aventure. La grosse expérience : les coulisses du Gros labo sera diffusé à 14 h samedi sur ICI Explora. Pour l’occasion, ICI Explora est allée à la rencontre du réalisateur Francis Legault et de Marc-André Roy, cobaye à l’émission et fier porteur du numéro 19.

Pour Francis Legault, la réalisation du documentaire sur les coulisses du Gros laboratoire vise à témoigner de l’expérience humaine unique qui s’y est déroulée et des personnages fascinants qui y ont participé.

« Toute l’équipe du Gros laboratoire, après la première année, a réalisé à quel point réunir 100 personnes à huis clos donnait lieu à des moments magiques, humains, qui étaient presque plus forts que les expériences scientifiques montrées à l’écran », explique-t-il.

Lors de la production de son documentaire, le réalisateur s’est notamment intéressé aux raisons qui ont poussé les cobayes à se lancer dans l’aventure, comme ce fût le cas pour Marc-André Roy. Ceux et celles qui ont écouté la deuxième saison du Gros laboratoire se souviendront sûrement de ce dernier comme étant le cobaye qui a fait tomber avec assurance Jean-René Dufort dans un grand bassin d’eau.

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Marc-André enseigne l’anglais dans une école secondaire du quartier Saint-Léonard, à Montréal. Avant de s’embarquer dans l’aventure, il s’est toujours dit que ses opinions étaient plutôt marginales, souvent bien loin de celles de son entourage. En se portant volontaire pour le Gros laboratoire, il voulait voir s’il était bel et bien si différent de ses contemporains et contemporaines.

« Je pensais être bien différent des autres, avant de me rendre compte que finalement, ce n’était pas nécessairement le cas. Dans certains tests, je l’étais, mais pour la majorité, ça se passait quasiment comme tout le monde », explique le jeune enseignant.

Les cobayes s’engageaient à passer neuf jours à Sherbrooke, dans les murs de l’Université Bishop. Quelques minutes après le départ des autobus qui venaient les chercher, le huis clos commençait : la production saisissait les téléphones des personnes participantes et les conservait pour toute la durée de l’expérience.

Dès les premiers instants, c’est une ambiance bon enfant qui s’établit. Les cobayes apprennent à se connaître et discutent des numéros qui leur ont été attribués. Plusieurs, comme Marc-André, désirent rencontrer des gens différents, sortir de leur cercle social habituel durant ces quelques jours.

« C’est une expérience unique. C’est comme une grosse colonie de vacances à 14 ans. C’est 100 personnes qui vivent ensemble pendant 9 jours, coupées de la réalité. Il y a un esprit de collégialité et des amitiés qui surgissent tellement vite. C’est quelque chose qui m’a surpris, car je ne pensais pas qu’en neuf jours je pouvais autant m’attacher à des gens que je connaissais très peu ou pas quand je me suis embarqué dans cette aventure. »

– Marc-André Roy

Les premiers liens

Nul besoin d’activité brise-glace pour les participants et les participantes. Lors de la sortie de l’autobus, plusieurs personnes semblaient avoir tissé des liens d’amitié. Francis Legault scrutait avec attention ces relations émergentes, alors que l’expérience du Gros laboratoire ne faisait que commencer, il s’attelait à capturer les premières images qui figureraient au documentaire.

« C’est certain que les gens qui décident d’embarquer dans une expérience comme ça ont vraiment envie de rencontrer des gens, de socialiser. C’est ce que l’on constate dès le début du documentaire. C’était vraiment beau à voir », explique le réalisateur.

Sans leurs téléphones, sur le campus et dans les couloirs de l’Université Bishop, les cobayes n’ont d’autres choix que de faire connaissance pour passer le temps. Les périodes entre les expériences pouvant s’avérer bien longues, ils ont amplement l’occasion d’échanger leurs idées et de faire part de leur vécu. Neuf jours d’expériences, d’attente et de petites fêtes de fin de soirée vont cimenter ces nouvelles amitiés.

Sans se connaître au départ, les cobayes tissent rapidement des liens.

« Tous les soirs, des gens se réunissaient dans les sous-sols pour jouer au billard, à des jeux de société… C’est sûr que ceux qui étaient là, c’est des gens qui avaient envie de vivre une expérience, qui étaient plus partants que la moyenne des gens pour faire des rencontres », précise Francis Legault.

Comme bien des cobayes, Marc-André a ainsi développé une amitié avec des gens issus des quatre coins du Québec. Il est d’avis qu’il n’aurait pas pu rencontrer ces personnes autrement, en ne sortant jamais de son cercle social.

Pour le numéro 19, les neuf jours n’ont cependant pas été que pur bonheur. Il a dû affronter sa peur des hauteurs dans une expérience particulièrement marquante, mais il a aussi dû surmonter une période plus difficile lors du sixième jour.

« Il a fallu que je m’isole dans ma chambre. J’ai frappé un mur cette journée-là, je m’ennuyais de tout le monde et je voulais partir, mais je me suis dit que ça faisait partie de l’expérience. Quand tu embarques, c’est avec le plaisir, mais aussi avec les difficultés, même si je ne pensais pas vivre cette difficulté-là. »

– Marc-André Roy

L’esprit de camaraderie du groupe et le soutien tiré de ces nouvelles amitiés lui ont rapidement permis de surmonter cette épreuve, et de rejoindre les autres cobayes pour les derniers jours du Gros laboratoire. « C’est là que je me suis rendu compte que, des gens que je connaissais depuis seulement six jours, certains me connaissaient mieux que bien des gens avec qui je travaille depuis quatre ans », résume-t-il.

La communauté des combinaisons bleues

Au-delà du tournage, les cobayes ont maintenu des liens. Ils ont créé un groupe Facebook pour y publier des annonces d’évènements ou d’activités et pour se donner des nouvelles.

Des cobayes particulièrement attachés à l’expérience ont même décidé de se faire tatouer leur numéro sur le corps. « Si je n’avais pas eu la nouvelle [au lendemain du tournage] que j’allais être père, je l’aurais fait, mais mes priorités ont changé. C’est 2 saisons et seulement 200 personnes qui ont été choisies! C’est quand même une chance unique », affirme l’enseignant.

Certaines expériences étaient plus agréables que d'autres pour Marc-André et ses compatriotes.

Une chose est certaine pour Marc-André, si l’occasion se présentait, il se relancerait dans l’aventure sans hésiter. Il n’est pas le seul pour qui l’expérience a été marquante : dans la foulée de ce périple émotif, au moins deux couples ont été formés parmi les cobayes dont les atomes crochus se sont rencontrés.

Il est encore trop tôt pour savoir si l’émission sera de retour pour une troisième saison, mais si vous avez envie de faire partie de l’expérience, la diffusion de La grosse expérience : les coulisses du Gros labo est une belle occasion de découvrir le tout. « Ça peut sembler trop beau pour être vrai, mais c’est à ça que ça ressemble », conclut avec enthousiasme Francis Legault.