D’ordinaire, les génomes d’animaux attirent l’attention sur les ressemblances avec nous. Avec la pieuvre, c’est le contraire. C’est comme de regarder le génome d’un extraterrestre : cette réflexion d’un des chercheurs aura fait le tour des médias.

C’est que son matériel génétique, dont la séquence est parue le 12 août dans Nature, s’est avéré beaucoup plus complexe que prévu. Sans doute à cause des capacités de la pieuvre qui n’ont aucun équivalent chez nous : elle peut changer de couleur, ses membres peuvent se régénérer et surtout, ses sens — l’odorat, le goût — s’expriment à travers ses huit tentacules.

Depuis 20 ans, les recherches sur l’intelligence des pieuvres ont montré entre autres sa capacité à ouvrir des bocaux ou à retrouver son chemin dans un labyrinthe. Connaître son génome permet d’ouvrir la porte sur une branche de l’évolution très éloignée de la nôtre qui a pourtant conduit à un cerveau inhabituellement grand pour un mollusque, avec six fois plus de neurones qu’une souris, qui coordonne ses membres indépendants les uns des autres.