4 grandes arnaques qui ont marqué l’histoire

Frank Abagnale, Charles Ponzi, Bernard Madoff et Gregor MacGregor.
Frank Abagnale, Charles Ponzi, Bernard Madoff et Gregor MacGregor. Photos : Wikimedia Commons

Cet article est en lien avec l'émission Confessions d'un arnaqueur.

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Contrefaçon, vol d’identité ou fraude fiscale : les escrocs font souvent preuve d’une créativité machiavélique pour commettre leurs crimes. En amont de la diffusion de la série Confessions d'un arnaqueur sur ICI Explora, nous vous invitons à découvrir quelques-unes des plus fascinantes arnaques de l’histoire moderne, de l’invention d’un pays jusqu’à la vente frauduleuse du Taj Mahal.

 

Gregor MacGregor et le mirage d’un pays prospère

Gregor MacGregor devant une illustration du port de Poyais.

Gregor MacGregor devant une illustration de ce qu'il présentait comme le port de Poyais. / Images : Wikimedia Commons

Les escrocs savent utiliser le mensonge comme une arme efficace pour obtenir de l’argent et du pouvoir, mais peu de ces personnes peuvent prétendre avoir créé un mensonge aussi gros que celui du soldat et aventurier écossais Gregor MacGregor. L'escroquerie de Poyais, orchestrée au début du 19e siècle par cet homme, est l'une des plus audacieuses de l'histoire. 

Sur un territoire qui lui a été accordé en 1820, à cheval entre le Honduras et le Nicaragua, MacGregor a inventé un nouveau pays d'Amérique centrale appelé « Poyais », duquel il se proclame cacique (gouverneur). Il présente l’endroit comme une terre fertile, riche en ressources, dotée d'une communauté et d'infrastructures établies. Pour donner de la crédibilité à ses affirmations, il produit de fausses cartes géographiques, une fausse monnaie et même des documents gouvernementaux. 

Le soldat est ainsi parvenu à convaincre des membres de l’élite européenne d'investir dans Poyais, et un bon nombre de colons ont par la suite voyagé pour s’y installer. À leur arrivée sur ce territoire, plutôt que de découvrir l'utopie promise par MacGregor, ces personnes ont dû faire face à une jungle inhabitable, ce qui a entraîné de graves difficultés financières pour la plupart des familles déplacées ainsi que la mort de 150 colons. 

L’escroquerie élaborée par MacGregor reposait sur le manque de communication fiable de l'époque et les connaissances limitées du public sur les terres lointaines, ce qui lui a permis de voler de vastes sommes d'argent tout en ruinant de nombreuses vies.

L’homme n’a jamais été condamné pour cette injustice et il a pu finir ses jours au Venezuela, où il a été récompensé par le gouvernement pour sa carrière militaire.
 

Frank Abagnale, faussaire jusqu’au bout?

Steven Spielberg, Frank Abagnale et Leonardo DiCaprio.

Steven Spielberg, Frank Abagnale et Leonardo DiCaprio lors d'une première du film Arrête-moi si tu peux. Photo : Kevin Winter / ImageDirect via Getty Images

L’histoire de Francis William Abagnale est devenue l’un des récits d’escroquerie les plus connus à la suite de son adaptation au grand écran en 2002 par le réalisateur Steven Spielberg, dans le film Arrête-moi si tu peux (Catch Me If You Can).

Le célèbre faussaire franco-américain aurait commencé sa carrière criminelle à seulement 16 ans, dans les années 1960, en voyageant à l’aide de chèques falsifiés. Il aurait ensuite poursuivi ses aventures en se créant différentes identités et en obtenant des postes pour des métiers pour lesquels il n'était aucunement qualifié (pédiatre et avocat, notamment).

Entre ses récits d’évasions spectaculaires, de déguisements et de contrefaçons, Frank Abagnale est devenu un personnage légendaire de l’histoire de l’escroquerie, mais ses exploits sont aujourd’hui mis en doute par plusieurs spécialistes sceptiques

Sa plus grande arnaque serait-elle d’avoir fait gober des aventures fictives au public?

 

Le système de Ponzi, de Charles à Madoff

Charles Ponzi.

Des photos prises lors d'une arrestation de Charles Ponzi. Photos : Wikimedia Commons

Le système de Ponzi, parfois appelé pyramide de Ponzi, est une forme de fraude qui consiste à utiliser directement l’argent déposé dans un fonds d’investissement par des personnes ou des entreprises afin de produire de faux rendements. L’argent récolté par le fonds n’est jamais réellement investi, il est simplement lentement redistribué aux membres, en petite partie, pour simuler des paiements d’intérêts.

Ce type de système qui dépend d’une croissance infinie s'effondre inexorablement sur lui-même lorsque les nouveaux investissements se raréfient et que la demande n’est plus tenable, après que l’individu à la tête de la fraude a bien sûr pris la poudre d’escampette avec une majeure partie de l’argent investi.

En 1919, l’Italien Charles Ponzi monte une escroquerie à Boston basée sur ce principe. Il promet des profits de 100 % en 90 jours sur tout investissement, un rendement qu’il respecte initialement afin d’attirer les foules. Il réussit ainsi à obtenir plus de 15 millions de dollars, provenant de 40 000 personnes, avant que son arnaque ne soit dévoilée au grand jour.

Bernard Madoff, souvent considéré comme le plus grand escroc de l’histoire, a également utilisé la même technique pour subtiliser jusqu’à 65 milliards de dollars aux personnes ayant mis de l’argent dans sa société d’investissement, crime pour lequel il a été emprisonné en 2009.

Aujourd’hui, plus de 100 ans après l’arnaque de Charles Ponzi, le système qui porte son nom est encore utilisé pour escroquer des milliers de personnes chaque année, et cette forme de fraude se serait même propagée dans l’univers de la cryptomonnaie.


Natwarlal, l’homme qui aurait vendu le Taj Mahal

Le Taj Mahal.

Le Taj Mahal. Photo : iStock

En raison de sa carrière criminelle rocambolesque et entourée de mystères, Mithilesh Kumar Srivastava, mieux connu sous le nom de Natwarlal, a acquis une réputation légendaire en Inde. Tout au long de sa vie, il aurait utilisé des dizaines de fausses identités afin de frauder les institutions financières et les familles riches de son pays.

Si l’on peut croire le folklore qui l'entoure, le célèbre escroc aurait aussi eu la fâcheuse habitude de « vendre » des monuments nationaux de l’Inde à des touristes richissimes en se faisant passer pour un représentant du gouvernement. Il aurait notamment ainsi vendu le Taj Mahal, trois fois plutôt qu’une.

L’homme a été arrêté pour la première fois pour différents vols en 1937, ce qui ne l’a pas empêché de continuer à s’adonner à de nombreux larcins jusqu’à sa disparition, en 1996, après s’être enfui d’une prison à l’âge de 84 ans.

Les spécialistes s’accordent pour dire qu’il est toutefois difficile de différencier le vrai du faux en ce qui concerne les aventures criminelles de Natwarlal, en dehors de celles qui lui auront valu des peines de prison. Après tout, le fraudeur a fait une véritable carrière avec ses mensonges, et, comme pour Frank Abagnale, son passé pourrait très bien avoir été embelli.


Pour découvrir les dessous de d'autres grandes arnaques, ne manquez pas la série Confessions d'un arnaqueur, les mardis à 21h sur ICI Explora.