Lors d’un sommet tenu la semaine dernière en Alaska, le président Obama a insisté sur « l’urgence d’agir » face aux changements climatiques. Trois jours plus tard, au Yukon, le premier ministre Harper a plutôt déclaré que les changements climatiques n’étaient pas une priorité dans cette campagne.

Déjà, lors de ce sommet international sur l’Arctique, qui avait lieu à Anchorage, Alaska, les observateurs avaient noté que le seul des huit pays riverains à ne pas avoir envoyé de ministre des Affaires étrangères était le Canada, campagne électorale oblige. Mais le vendredi suivant, profitant qu’ils se trouvaient à Whitehorse, Yukon, le journaliste du réseau CTV a demandé au premier ministre Harper pourquoi il n’avait pas parlé des changements climatiques dans ses discours électoraux jusqu’ici. « Je crois que les deux grands enjeux de cette campagne sont l’économie et la sécurité », lui a répondu le premier ministre.

Les grands partis d'opposition n’en ont toutefois pas fait un grand enjeu non plus. Certes, autant les néo-démocrates que les libéraux ont affiché la réduction des gaz à effet de serre dans leurs plateformes. Les deux partis ont également lancé un appel à « l’action ». Mais en campagne, la question est passée très loin des écrans radars.

Dans un bilan de la campagne à mi-parcours publié samedi, Le Devoir offrait un survol des propositions émises depuis le 2 août : infrastructures, budgets équilibrés, rénovations domiciliaires... L’ensemble des enjeux scientifiques et environnementaux occupe seulement deux phrases : une promesse des libéraux d’investir dans les technologies vertes, et la prise de position du Bloc québécois contre le pipeline Énergie Est.

Les conservateurs ont annoncé une cible de réduction de 30 % des gaz à effet de serre d’ici 2030, par rapport aux niveaux de 2005, dont les détails sont censés être dévoilés à la Conférence de Paris sur le climat, en décembre.