Les mycomatériaux à la rescousse de l’environnement

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Chaque semaine à Curium, Félix-Antoine Tremblay explore des thèmes scientifiques pour les décortiquer avec humour et simplicité. Cette semaine, il visite un centre de recherche et rencontre son équipe, qui fabrique des objets à partir de champignons!

Des scientifiques du centre de recherche sur les bioproduits Biopterre, situé à La Pocatière, étudient actuellement le développement de mycomatériaux, des matières fabriquées à base de champignons qui pourraient remplacer certains matériaux polluants.

Ce qu’on appelle des mycomatériaux, c’est assez vaste. Ça peut être du bois qui a changé de couleur en raison des champignons, ça peut être des pigments fongiques ou tout simplement des objets faits à partir de mycélium de champignons.

 

- Émilie Gingras Pilon, biologiste à Biopterre, en entrevue à Curium.

Ces mycomatériaux sont composés de mycélium de champignons et de leur substrat, la matière qui leur permet de pousser et de se multiplier. Pour réaliser ses tests, le centre collégial utilise un substrat à base de céréales et de bois, qui permet aux champignons de se développer en quelques jours seulement dans un récipient humide.

Ce mélange fongique est entreposé dans un moule pour lui donner la forme voulue durant sept jours. Le résultat est ensuite placé dans une étuve à une température qui tue tous les champignons afin de stabiliser et stériliser le matériau.

Ce processus permet de créer des produits écologiques, compostables, dont la texture est à mi-chemin entre le plâtre et le polystyrène. Ces mycomatériaux peuvent être utilisés dans la fabrication de nombreux objets comme des glacières, des produits d’emballage, du cuir synthétique ou même des briques pour la construction.

Un emballage fait à partir de mycomatériaux.

Un emballage fait à partir de mycomatériaux. Photo : Wikimedia Commons / Mycobond

« Il y a déjà des entreprises qui les commercialisent. C’est sûr que dans certains domaines, comme la construction, ça prend des normes, il faut que ce soit régi, donc il y a des tests qui doivent être faits préalablement sur les matériaux. Il y a encore des recherches à faire [avant de pouvoir les utiliser dans ce contexte] », précise Émilie Gingras Pilon.

On peut déjà trouver des produits qui utilisent cette matière écologique à quelques endroits au Canada, surtout pour remplacer le polystyrène, même si les mycomatériaux sont encore à un stade de développement plutôt embryonnaire.

Une adoption à plus grande échelle de cette innovation permettrait de remplacer plusieurs des matières non biodégradables qui remplissent nos sites d’enfouissement.


Pour en découvrir plus sur le sujet, ne manquez pas Curium, samedi à 18 h (et en rediffusion le dimanche matin à 7h) sur ICI Explora! Découvrez aussi les nombreux contenus exclusifs de la série sur la zone Jeunesse de Radio-Canada.