Un simple cri peut-il augmenter nos capacités physiques?

Cet article est en lien avec l'émission Le gros laboratoire.

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Du tennis à l’escalade, en passant par l’haltérophilie, on peut entendre plusieurs athlètes crier lors de grandes épreuves sportives. Est-ce que le simple fait d’émettre un tel son lors d’efforts physiques intenses procure un avantage? Cette semaine, l’équipe du Gros laboratoire s’est intéressée à cette question!

Pour savoir si crier permet d’augmenter notre force, Marie-Pier Élie et Jean-René Dufort ont mis sur pied une expérience simple et efficace.

Deux grands groupes de cinq équipes ont été formés avec les cobayes du Gros laboratoire. Chaque équipe du groupe A devait enfoncer un clou dans une planche de bois, un coup à la fois, en silence. Les équipes du groupe B avaient la même tâche, à une exception près : les participants et les participantes devaient crier en frappant leur clou.

Les cobayes lors de l'expérience du Gros laboratoire.

Les cobayes à l'œuvre lors de l'expérience du Gros laboratoire.

Les résultats n’ont pas été particulièrement révélateurs, mais le groupe qui criait a tout de même enfoncé ses cinq clous légèrement plus profondément, avec une moyenne de 2,5 centimètres comparativement à 2,4 centimètres pour les équipes silencieuses. 

Cette légère différence est surtout attribuable à une des équipes qui criait, puisque ses membres ont enfoncé le clou le plus profondément de toute l’expérience (4,7 centimètres). 

Le duo qui anime l’émission a donc conclu que les cris peuvent avoir une légère influence sur notre force, mais qu’en dit réellement la science? Certaines études sportives ont permis de répondre assez clairement à cette question!

 

Crier pour se surpasser

Il y a une raison scientifique aux cris surprenants des athlètes dans plusieurs disciplines. C’est particulièrement le cas au tennis, où des études ont même permis de prouver l’efficacité de cette technique.

« Une étude scientifique a déjà conclu qu’au tennis, crier en frappant lors d'un service augmente jusqu’à 5% la vitesse de la balle. Un gain de puissance attribuable à la contraction des muscles abdominaux et à la force que l’on génère en expirant de l’air », résume Jean-René Dufort dans la plus récente émission du Gros laboratoire.

Cette méthode pour le moins inusitée est aussi utilisée dans plusieurs autres sports, comme en escalade.

Le grimpeur tchèque Adam Ondra, considéré comme l’un des meilleurs athlètes au monde dans sa discipline sportive, est reconnu pour ses cris aussi puissants que surprenants.

« Ils peuvent sonner étranges, mais c’est quelque chose qui m'aide », a-t-il expliqué dans une entrevue accordée à la NBC en 2021, avant de préciser qu’il utilise cette technique pour tenir bon quand son corps est poussé à l’extrême.

Selon certaines études, le fait de crier peut notamment augmenter la force de compression de 25% et la distance de saut de 5% en raison de l’effet instantané d’un cri sur la contraction des muscles et sur l’expulsion de l’air de nos poumons.

Dans les sports de compétition, les cris peuvent aussi avoir un effet psychologique sur les adversaires et camoufler d’autres sons qui pourraient fournir des informations auditives importantes (sur la force d’un service au tennis, par exemple).

Les cris représentent donc une technique valable, bien qu’un peu dérangeante, qui permet même à plusieurs athlètes de très haut niveau d’atteindre leur plein potentiel lors de gros efforts physiques!