Comment se poser sur une comète

Comment se poser sur une comète

Qu’est-ce qui est plus difficile? Se poser sur une comète ou trouver un espace dans le stationnement d’un centre commercial à l’heure de pointe?

Les deux, répond l'astronome Phil Plait. L’Agence spatiale européenne (ESA), dont la sonde Rosetta est finalement arrivée en orbite de sa comète le 6 août, après un voyage de 10 ans, a dévoilé lundi 25 août, les cinq sites potentiels « d’atterrissage » pour son module Philae — un robot de la taille d’une machine à laver. Sauf qu’aucun des sites n’est parfait et que la marge d’erreur est inconnue.

A priori, la surface d’une comète n’est pas le lieu idéal pour poser quoi que ce soit : il y a plus de crevasses, de trous et de bosses que de surfaces planes. La comète elle-même, bien loin du corps céleste tout rond, ressemble davantage à une patate difforme. Et ce qui n’arrange rien, la gravité est si faible que si on manque son coup, on risque de rebondir dans l’espace. Un rappel : jamais une sonde spatiale ne s’est posée sur une comète.

Par-dessus tout, le site choisi doit permettre le maintien de la liaison radio entre le module Philae et Rosetta qui, elle, continuera à tourner autour de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Et Philae, une fois posé, ne doit pas être trop éclairé par le Soleil — pour éviter la surchauffe —, mais juste assez pour recharger ses batteries.

La comète tourne sur elle-même en 12 heures, ce qui signifie que la lumière change beaucoup d’un moment à l’autre, assez pour qu’il faille attendre d’autres photos de chacun des sites. Toutefois, les ingénieurs de l’ESA précisent qu’on n’aura pas plus de précision — les sites potentiels sont en fait des zones d'environ un kilomètre carré, ce qui laisse beaucoup de place à l'erreur. En fait, ce degré de précision est déjà qualifié « d’exceptionnel », pour une sonde qui tourne à 60 km d’une comète et à 400 millions de km de la Terre.

La mission de Philae, qui doit être largué le 11 novembre, consistera d’abord à « s’ancrer » sur la comète avec ses trois « harpons », d’où l’espoir que la surface ne soit pas trop poudreuse. Il est équipé d’une dizaine d’instruments visant à analyser, entre autres, la densité de ce qu’il aura sous les pattes — soit le noyau de la comète — le magnétisme, la chimie des environs et — peut-être — la présence de matériel organique.

Pour en savoir plus

Quelques données sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko :

  • Découverte en 1969 par Klim Churyumov et Svetlana Gerasimenko
  • Tourne autour du Soleil en 6 années et demie
  • À son point le plus proche du Soleil : 180 millions de km (contre 150 pour la Terre)
  • À son point le plus éloigné : 840 millions de km
  • Son noyau — la partie qu’on peut voir sur les photos — fait environ 4 km de large et tourne sur lui-même en 12 heures et 25 minutes.

L’atterrissage de Philae sur sa comète (vidéo)