Chaque semaine, nous vous présentons l'un des chiens mis en vedette dans l’émission Vies de chiens, diffusée sur ICI Explora.
Chacun d'eux a un défi à relever, pour lui-même et pour ses maîtres. L’entraîneur canin Mathieu Lavallée apporte son expertise pour les aider.

Cette semaine, nous vous présentons un Labrador stressé suite à un entraînement inapproprié.

La problématique : comment retrouver une bonne relation avec un chien sur lequel on a perdu le contrôle?

Mathieu Lavallée constate que la grande majorité des appels qu'il reçoit proviennent de personnes qui semblent avoir perdu le contrôle sur leur chien dans des situations particulières. Parfois, ils veulent tellement changer leur chien qu'ils parlent de «réhabilitation» ou de «rééducation».

Lorsque de tels mots sont employés, Mathieu Lavallée répond spontanément que c'est quelque chose qu'il ne fait pas, de réhabiliter, de rééduquer. Oui, il y a des choses que l'on peut mieux comprendre dans le comportement d'un chien, que l'on peut améliorer, et ceci notamment par des exercices (comme, par exemple, les commandements en laisse), mais il ne s'agit pas là de réhabilitation ou de rééducation.

Mathieu Lavallée va proposer des solutions, des petites choses, qui, quand elles vont être appliquées, vont permettre de rendre la relation maître-chien plus viable et au chien d'éviter la SPCA voire l'euthanasie... Ce qui est de loin moins compliqué pour le maître et bien plus sain pour le chien.

«Rééducation» et «réhabilitation» : des mots exagérément utilisés

Les mots «rééducation» et «réhabilitation» reviennent souvent lorsque l'on parle de modifier les comportements des chiens ou de l'entraînement de ces derniers. Mathieu Lavallée conseille de faire attention lorsque ces termes sont utilisés car il a constaté qu'ils le sont la plupart du temps dans toutes sortes de contextes inadéquats.

Il y a quelque chose de pervers à parler de «rééduquer» ou «réhabiliter» un chien. Un entraînement ou toute autre intervention auprès d'un chien ne peut pas faire de miracles. Le chien est ce qu'il est, avec son instinct, sa personnalité et son vécu. C'est comme pour les humains, on ne peut pas effacer sa vie, faire «reset» sur ce qu'il est et ses expériences passées. Il peut s'adapter mais on ne le réhabilite pas, on ne le rééduque pas, même si ce mot plaît beaucoup aux maîtres et fait vendre encore plus chez certains intervenants pourvoyeurs de services canins.

Attention, les mots «rééducation» et «réhabilitation» sont des mots trompeurs.
On les utilise à toutes les sauces - Mathieu Lavallée

L'expérience de Liner, un nouveau souffle à la vie d'un chien

Liner appartenait à quelqu'un qui, lorsqu'il l'a adopté, avait juste de bonnes intentions et a voulu faire entraîner son chien pour pouvoir aller chasser avec. Mais Liner a été entraîné avec beaucoup trop de pression avec le collier électro-statique et cela a fait en sorte qu'il n'était plus capable de faire le travail pour lequel il avait été entraîné.

Le Labrador a alors été mis aux Services frontaliers par son maître qui pensait que cela lui conviendrait mais ça n'a pas marché. Liner n'avait plus le désir de travailler; ça lui mettait trop de pression. Il a alors été déclassé. Mathieu a repris Liner aux Services frontaliers lorsqu'il avait neuf ans, en espérant pouvoir lui offrir mieux. Et ça a été le cas: Mathieu a finalement trouvé pour Liner un maître avec un contexte parfait, une personne idéale pour lui: Doris.

Doris venait de perdre sa chienne, un Labrador noir, elle aussi. Mathieu Lavallée et elle sont entrés en contact et Doris a accepté de prendre Liner pendant deux semaines pour voir comment le chien se comporterait en logement, en ville. Dans ces circonstances, Doris a vu que Liner avait beaucoup de stress, d'angoisse. Elle l'a alors apprivoisé.

On a pris de longues marches chaque jour dans ce nouvel environnement pour lui et, au bout de deux jours, le lien de confiance était né. Liner voyait que je m'occupais de lui, qu'il pouvait compter sur moi.
- Doris, maître de Liner

La relation entre ces deux êtres est d'autant plus bénéfique que Doris fait depuis plusieurs années des recherches de sauvetage. Lorsqu'elle a rencontré Liner, Doris a senti que ce chien avait les capacités, le potentiel de faire ce travail de sauvetage. Elle a alors fait évaluer Liner et ceci a confirmé son intuition: le Labrador avait de belles qualités pour le travail de recherche en sauvetage. Doris a dû travailler fort pour tempérer l'énergie débordante de Liner mais elle avait une totale confiance dans la personnalité et la capacité du chien à faire le travail.

Avec Liner, il a suffi de lui lâcher la bride pour qu'il fasse le travail que je voulais de lui, naturellement.
Il le fait à sa façon. C'est ça qui est fascinant. - Doris

Un mot de Mathieu Lavallée qui conclue ce dernier épisode de la saison 1 de Vies de chiens 

Quand on gère des problématiques avec nos chiens, il faut rester réaliste dans nos attentes. Évidemment, plus on va travailler avec notre chien, plus on va avoir de contrôle, et moins il y a de chances qu'il arrive des incidents. Mais ça prend de la patience, ça prend aussi de faire beaucoup d'exercices. Il ne faut pas s'empêcher de mettre des limites à un chien. On a une responsabilité sociale, il ne faut mettre personne en danger. Et il ne faut mettre aucun chien en danger. D'où l'importance de l'environnement dans lequel on est et dans lequel on fait vivre son chien. Les solutions ne sont pas si compliquées et elles peuvent permettre de vivre dans une société qui est plus saine dans son ensemble et qui est meilleure avec nos chiens. - Mathieu Lavallée

Ne manquez pas le dernier épisode de Vies de chiens, ce vendredi à 19 h 30 sur ICI Explora.