Dans l'épisode de cette semaine de Vies de chiens,  émission diffusée sur ICI Explora, nous apprenons que l'entraînement des chevaux et l'entraînement des chiens peuvent être étonnament similaires.

Cette semaine, nous vous présentons donc un «invité spécial», un cheval Percheron d'exception: Léon 

L'entraînement des chevaux et l'entraînement des chiens

Mathieu Lavallée trouve intéressant de faire le parallèle entre l'entraînement des chiens et celui des chevaux.
En effet, bien qu'il s'agisse d'animaux très différents, les principes mis en oeuvre pour les entraîner mais aussi les outils utilisés pour les accompagner dans cette étape sont étonnament similaires. Le principe de base auquel l'entraîneur, le chien et le cheval font face est celui du «vivre ensemble»: des êtres vivants différents vont devoir s'adapter les uns aux autres et modifier leur comportement pour que la relation fonctionne. 

Mathieu nous apprend que c'est grâce à Éric Chrétien, l'entraîneur de chevaux qui l'a aidé lors de l'entraînement de Léon, qu'il a appris beaucoup sur les outils et les méthodes à utiliser pour développer une bonne relation avec les chevaux et faciliter l'interaction avec eux. Ces bases essentielles dans l'entraînement, Mathieu s'en est inspiré pour son entraînement des chiens.

Lorsqu'ils parlent des outils utilisés pour l'entraînement des chiens, tel que le «collier étrangleur», ou ceux dont on se sert dans l'entraînement des chevaux, comme le «fouet» ou les «menottes», Mathieu et Éric ont la même vision. Même si le nom de ces outils et ce qu'il représente dans l'inconscient des «amis» des animaux est souvent négatif et mal perçu, les intégrer dans une démarche respectueuse d'entraînement du cheval ou du chien peut être bénéfique pour l'animal voire salvateur puisqu'il va lui apprendre certains réflexes qui pourront lui sauver la vie le moment venu. Par exemple, de nombreux chevaux se tuent en se débattant une fois pris dans des barbelés alors que l'immobilité leur sauverait la vie. Immobilité qui leur est apprise avec les «menottes», un outil qu'un bon entraîneur n'a à utiliser que quelques minutes avec un cheval pour qu'il ressente et apprenne l'immobilité lorsqu'elle est souhaitable.

Il ne s'agit pas d'utiliser la force physique avec ces outils. Il s'agit de précision dans le geste.
C'est la façon dont on utilise l'outil pour leur sécurité qui compte. - Éric Chrétien

Je vais toujours voir comment un chien fonctionne AVANT d'utiliser l'outil. Pour comprendre comment l'utiliser au mieux avec chacun. - Mathieu Lavallée

 

La problématique: faire qu'un cheval sensible se laisse approcher et ferrer

Mathieu a eu Léon, un cheval Percheron, lorsqu'il était jeune poulain. Il a donc pu l'entraîner dès son plus jeune âge et sans qu'il ait recours à la force. Le fondement de leur interaction est donc la relation qu'ils ont ensemble. Ceci est d'autant plus essentiel que, dans l'entraînement des chevaux, l'on doit être extrêmement discipliné car, en comparaison avec l'entraînement des chiens, le risque est accru. Si le cheval s'emballe, ça ne pardonne pas. Par contre, bien qu'il soit un cheval très calme, qui ne se choque jamais et dont Mathieu est admiratif justement pour sa «force tranquille», Léon, comme tous les chevaux, n'aime pas trop se faire toucher lorsque vient le temps des soins.
Comment un maréchal ferrant peut-il l'approcher sans
 user de la force que Léon connaît si peu?

Les conseils par l'exemple de Vanessa Morency St-Pierre, maréchale-ferrante ou «orthopédiste des chevaux»

Grâce à l'approche de Vanessa Morency St-Pierre, la maréchale-ferrante à laquelle Mathieu confie ses chevaux, Léon se laisse approcher pour les soins nécessaires. Vanessa est une jeune femme qui travaille tout en douceur avec les bons outils. Dans un métier en grande majorité masculine et qui peut requérir la force physique au premier abord, son instinct et sa sensibilité sont ses plus grandes forces.

L'essentiel est de comprendre à quel cheval on a affaire - un jeune cheval fougueux ou un vieux cheval plus fatigué - pour installer le respect et arriver à faire faire au cheval quelque chose qu'il n'aime pas faire ou qu'il ne ferait pas naturellement, comme lever la patte. - Vanessa Morency St-Pierre

Parfois, prendre le temps de connaître l'animal et de le laisser nous approcher peut être plus long; mais ça vaut la peine. Cela permet d'anticiper quel va être le mouvement du cheval à notre contact et l'amener à comprendre ce que l'on veut qu'il fasse.

Comme le dit Mathieu, la place qu'occupe le chien et le cheval dans l'entraînement est bien sûr différente; il y a autant d'êtres vivants, hommes, chiens, chevaux qu'il y a de méthodes d'entraînement possibles.
Les méthodes et outils vont être efficaces si on les applique, non pas avec la force physique, mais bien avec la connaissance de l'animal que l'on a en face et en établissant une relation avec lui. Chacun va avoir recours à son instinct, dicté par le respect de l'autre.

Découvrez la vraie nature de vos chiens en regardant Vies de chiens, tous les vendredis à 19 h 30 sur ICI Explora.