5 grands fiascos urbains
Photo : Carl Court / Getty Images

La nouvelle série Des villes à hauteur d’hommes explore les prouesses et les fautes en matière d’urbanisme et d’architecture des grandes villes de la planète. En attendant la diffusion du premier épisode, qui vous emmènera dans les rues de Copenhague, voyez l’envers du décor avec un tour d’horizon de certains des plus grands faux pas du monde urbain.

Londres : un bâtiment qui fait fondre le toit des voitures

Si vous visitez Londres dans un futur où une absence de pandémie permet de le faire sans risque, on vous mettra probablement en garde contre la pluie fréquente, la grisaille et les frais élevés pour y séjourner. Un autre danger moins connu guette cependant les touristes qui visitent la métropole britannique : un bâtiment pourrait faire fondre le toit de votre voiture si vous êtes stationné au mauvais endroit. 

Le Walkie-Talkie de Londres

Le Walkie-Talkie de Londres. Photo : Tolga Akmen / AFP via Getty Images

Surnommé le Walkie-Talkie en raison de sa forme particulière, le gratte-ciel situé au 20, rue Fenchurch pose plusieurs problèmes depuis la fin de sa construction, en 2014. La courbe des panneaux de verre qui recouvrent sa surface fait notamment en sorte que le bâtiment concentre les rayons du soleil, créant un effet de loupe. Un automobiliste l'a appris à ses dépens après avoir retrouvé des parties fondues sur sa voiture en raison du puissant rayon solaire. Le lendemain de cette histoire, un journaliste est même parvenu à faire frire un œuf dans une poêle placée au même endroit

Certaines mesures ont été prises afin de mitiger les risques, comme l’installation d’un film non réfléchissant sur les vitres de l’immeuble et une délimitation plus sécuritaire des espaces de stationnement. Interrogé par un journaliste du Guardian, l’architecte du Walkie-Talkie a préféré jeter une partie du blâme sur les changements climatiques plutôt que sur la conception de l’édifice.

Tokyo : une vision paradoxale du cyclisme?

Le troisième épisode de la série Des villes à hauteur d’hommes s’intéresse à la capitale du Japon, et particulièrement à l’un de ses paradoxes d’urbanisme : Tokyo n’est pas adaptée au cyclisme, même s’il s'agit de l’une des villes où le vélo est le plus utilisé dans le monde.

 

Selon la série, les autorités de Tokyo considèrent souvent les cyclistes comme « des nuisances pour la circulation automobile et piétonne », ce qui ne favorise pas le développement d’infrastructures favorables au cyclisme. Les voies réservées aux vélos sont souvent mal indiquées lorsqu’elles existent, et les lignes peintes au sol peuvent disparaître sans avertissement. En contrepartie, les lois sur le cyclisme ne sont pas appliquées tant qu’il n’y a pas d’accident, ce qui explique aussi la popularité de ce mode de transport.  

New York : le terrain de jeu du Pier 1 de Brooklyn

Un des aspects à considérer en premier lieu lors de la construction d’un terrain de jeu est la sécurité des enfants. C’est un détail qui semble toutefois avoir échappé à l’équipe derrière la conception des modules d’un parc de Brooklyn, le Pier 1, puisque celui-ci avait initialement la capacité d’infliger des brûlures assez sérieuses aux tout-petits et toutes-petites.

Parc Pier 1 à Brooklyn

Des enfants s'amusent sur des balançoires du parc Pier 1. Photo : Mario Tama / Getty Images

Les jeux en acier du Pier 1 étaient particulièrement dangereux lors des journées ensoleillées, les surfaces de plusieurs structures devenaient rapidement chaudes sous les rayons du soleil et atteignaient des températures très élevées. Dans un cas particulier qui a forcé la Ville à retirer certaines installations, une fillette de 1 an a subi des brûlures au deuxième degré sur les mains. Pour un aménagement qui a coûté en tout 350 millions de dollars, c’est un fiasco qui aurait certainement pu être évité. 

Pyongyang : l’hôtel Ryugyong 

Les villes qui sont sous le joug d’un régime totalitaire font certainement face à des préoccupations plus importantes que des problèmes d’urbanisme ou d’architecture, mais il est difficile d’ignorer que l’hôtel Ryugyong de Pyongyang est un fiasco monumental en construction depuis plus de 30 ans. Le gratte-ciel de 105 étages est vacant depuis ses débuts, servant parfois d’écran géant pour diffuser des images patriotiques lors d’événements d’envergures grâce aux lumières qui recouvrent l’une de ses surfaces.

L'hôtel Ryugyong à Pyongyang. Photo : Ed Jones / AFP via Getty Images

À l’origine, l’érection d’un tel bâtiment promettait de démontrer la puissance de la Corée du Nord et de la dynastie Kim. Aujourd’hui, l’édifice est tout simplement un symbole sinistre d’un régime qui s’exhorte à entretenir une apparence de force malgré une population assiégée par la famine et la pauvreté. La seule « réussite » de l’hôtel Ryugyong : l’obtention du record Guinness du plus haut bâtiment inoccupé au monde

Montréal : l'Îlot Voyageur

La saga entourant l’Îlot Voyageur est sans doute le fiasco urbain le mieux connu de l’histoire montréalaise récente. Le projet immobilier a été mis sur pied en 2005 par l’Université du Québec à Montréal (UQAM), qui souhaitait créer un bâtiment à usage multiple, comprenant entre autres une nouvelle gare d’autocars, des résidences étudiantes, des bureaux et un grand stationnement intérieur. Il était alors prévu que l’immeuble serait une source d'autofinancement pour le projet immobilier en récupérant les coûts initiaux grâce aux revenus générés par ses activités.  

L'Îlot Voyageur, lors de sa reconversion partielle en espace d'habitation. Photo : Radio-Canada

L’UQAM s’est toutefois retrouvée piégée dans un grand gouffre financier avant de pouvoir terminer la construction, en raison d’investissements variés totalisant près de 300 millions de dollars qui ont mené à la démission du recteur. L’immeuble est resté pendant plusieurs années un simple squelette de béton à l’abandon, témoin constant de cette mésaventure financière. Malgré un rachat gouvernemental, la finalisation de la gare d’autocars et sa transformation partielle en immeuble d’habitation, l’Îlot Voyageur reste en mémoire comme un échec de planification urbaine et financière.