On pourrait croire qu’à l’ère des GPS et des photos satellites, une collision avec un iceberg serait impossible. Il y en a pourtant eu en moyenne un peu plus de deux par année entre 1980 et 2005, selon la BBC.

Une base de données canadienne en recensait pour sa part 17 pour les années 1990, uniquement dans l’Atlantique Nord. Dont une bonne partie dans la région, au large de Terre-Neuve, rendue célèbre par le navire que l’on sait.

Toutes ces collisions n’ont pas résulté en une perte totale —pour le navire— mais le dernier à avoir coulé, l’Explorer, en 2007, a aussi été le premier navire de croisière de l’histoire à sombrer dans l’océan Antarctique. Il avait heurté un iceberg submergé. Il n’y a pas eu de morts. Mais avec la croissance des croisières dans l’Antarctique, cet accident pourrait ne pas être le dernier.

Le site de météorologie AccuWeather, dans un article qui veut profiter du centenaire du navire dont tout le monde parle, avance une moyenne de 15 000 nouveaux icebergs par année. Les «bonnes» années, jusqu’à 40 000. Et de plus, la fonte de la calotte glaciaire du Groenland pourrait être responsable d’une hausse du nombre d’icebergs qui, avec l’aide des courants du Labrador, dérivent vers le sud.

Or, même avec la Patrouille internationale des glaces —créée par 13 pays en 1912 après l’accident que l’on sait— et même avec les technologies d’aujourd’hui, ces blocs de glace restent des dangers pour la navigation... mais pas parce qu’ils sont gros. Ce sont les plus petits (de un à trois mètres de haut par 3 à 6 mètres de large) qui sont les plus dangereux, parce que les satellites ne les voient pas, et que les radars ont du mal à les détecter. Et ils sont capables d’endommager et même de couler un navire, évaluent les experts.

Autre danger en perspective, dont on ne pouvait pas imaginer il y a un siècle qu’il en deviendrait un: l’ouverture progressive des routes maritimes à travers l’océan Arctique. Qu’un «passage» du Nord-Ouest s’ouvre à travers les glaces, ne veut en effet pas dire que ce passage sera dénué d’icebergs. Et on n’a pas encore parlé des risques de collision entre un iceberg à la dérive et une plate-forme pétrolière...