Science et technologie

Devenir humain augmenté grâce à un implant
Sony Carpentier
Publié le 22 février 2018

Devenir humain augmenté grâce à un implant

Si vous pensez que se faire implanter une puce pour interférer avec différentes technologies relève de la science-fiction, détrompez-vous! Il est désormais possible de se faire greffer une puce dans la main qui interagit avec plusieurs éléments de son environnement.

C’est ce que propose Hannes Sjobald, un « biohacker » suédois qui croit que l’évolution humaine passe maintenant par la technologie. Avec cette puce, il est possible de déverrouiller la porte de son domicile, communiquer avec son téléphone intelligent, stocker des données et bien plus.

Pas plus grande qu’un grain de riz, la puce NFC (Near Field Communication) peut interagir avec les éléments électroniques qui se trouvent à environ un centimètre de celle-ci. La technologie est la même que l’on retrouve dans nos cartes à puce et nos téléphones intelligents. Elle est implantée à l’aide d’une seringue dans la main de l’utilisateur entre le pouce et l’index.


Une technologie pour parler le langage des machines

« Biohacker » désigne une personne qui allie la biologie humaine à la technologie. Hannes Sjobald est l’un des grands défenseurs de ce mouvement qui s’inscrit dans le transhumanisme. Selon lui, il s’agit de la suite logique de l’évolution humaine. En 2013, il lance sur internet une campagne de financement pour élaborer les premières puces FNC destinées aux humains.

C’est avec l’appui d’un collectif qu’il concrétise l’idée et lance les « Implant Parties ». Dans ces événements, la technologie est disponible au grand public et des professionnels sont présents pour l’implanter. Il est également possible de s’y présenter seulement pour avoir de l’information sur ses fonctions.

Pour le suédois, on ne devient pas un cyborg puisque la puce n’interagit pas avec le cerveau : « Mon implant ne communique pas directement avec mon corps, il n'est pas connecté à mon système nerveux, j'aimerais bien un jour, mais ce n'est pas encore le cas. » Selon lui, les bénéfices vont beaucoup plus loin que dans l’application du quotidien. Il souhaite qu’on puisse y stocker des données médicales et d’autres informations personnelles.


Une technologie qui présente encore des limites

Alors que la technologie a ses avantages évidents, certaines limites sont encore présentes. D’abord, l’espace de stockage est réduit et la puce ne peut pas interagir avec tous les types de systèmes. Par exemple, elle fonctionne bien avec les appareils androïdes mais n’est pas encore compatible avec les produits Apple.

De plus, une inquiétude survient au niveau sanitaire de l’implantation. Dans la majorité des événements, ce sont des tatoueurs qui mettent les puces en place. Puisque ceux-ci ont le matériel pour désinfecter leurs appareils, ils peuvent effectuer l’implantation sans problème d’hygiène.

Par contre, d’autres gens pourraient essayer de se l’implanter par eux-mêmes et infecter la région visée. Dans le futur, il faudra que la procédure comprenne des normes et soit exécutée par des professionnels.

Alors que certains pourraient avoir peur qu’on puisse pirater leurs appareils, il n’est pas possible de le faire avec la puce NFC. Par exemple, pour déverrouiller une porte, on doit avoir accès au système de celle-ci pour créer la connexion avec la puce puisqu’elle ne se fait pas automatiquement.

Pour plus de découvertes technologiques, regardez Planète techno les vendredis à 19h sur ICI Explora.

Vous aimerez aussi