Vie sauvage

L'art d'observer les gorilles
Publié le 5 octobre 2017

L'art d'observer les gorilles

Photo: Gorilles des plaines occidentales

Avez-vous rencontré les gorilles des plaines occidentales du Zoo de Granby, Jawara et Zwalani? La Caméra EXPLORA et nos vidéos exclusives vous permettent de mieux les connaître et d'entrer dans le quotidien de ces animaux qui s'apparentent beaucoup à l'humain.

Dans ce même effort d'éducation de la population à la vie des gorilles, le Zoo de Granby collabore depuis deux ans à la protection et à la meilleure connaissance de ces animaux, de même qu'à la mise en place d'une initiative écotouristique visant à les observer dans le Parc national de Campo Ma'an au sud du Cameroun, en partenariat avec le Fonds mondial pour la nature (WWF), l'African Wildlife Foundation (AWF) et la Fondation pour l'environnement et le développement au Cameroun (FEDEC).

Saviez-vous que c'est l'Année internationale du tourisme durable pour le développement? Le Bureau de normalisation du Québec définit l’écotourisme comme une forme de tourisme qui vise à faire découvrir un milieu naturel tout en préservant son intégrité. Il favorise une attitude de respect envers l'environnement et entraîne des bénéfices socioéconomiques pour les communautés locales et régionales.

Quelque 700 gorilles des plaines occidentales vivent dans le Parc national de Campo Ma'an qui couvre une superficie de 264 000 hectares, soit l'équivalent de plus de cinq fois la superficie de l'île de Montréal. Les données disponibles sur ces animaux sont rares et l'espèce est hautement menacée, indique Patrick Paré, biologiste et directeur de la conservation et de la recherche au Zoo de Granby. La population de gorilles du parc est parfois victime de braconnage de la part des communautés qui vivent à proximité et qui sont souvent sans ressources, ajoute-t-il.

L'objectif du Zoo de Granby est de favoriser la protection des gorilles en sensibilisant la population à ne pas les chasser et en lui offrant certaines possibilités de travail pour le parc.

Depuis 2011, une équipe de pisteurs suit un groupe d'une quarantaine de gorilles au Parc national de Campo Ma'an, afin de les étudier, de les habituer à la présence humaine et de connaître davantage leurs habitudes pour mieux les protéger.

Photo: Patrick Paré avec des pisteurs au Parc national Campo Ma'an au Cameroun (crédit: Zoo de Granby)

Le parc national a établi des lignes directrices pour le projet d’écotourisme, en s’inspirant de celles que l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a déterminées pour le suivi des grands singes en Afrique.

Voici des exemples de bonnes pratiques que les chercheurs, touristes et pisteurs devraient adopter pour limiter leur impact sur les gorilles :

  • Limite d'une visite par jour pour un groupe de 10 personnes maximum, d'une durée maximale de 60 minutes et à une distance des gorilles de 7,5 mètres minimum.
  • Ne pas laisser de déchets humains à proximité des gorilles. Il faut les enterrer à une profondeur de 30 cm ou les mettre dans des sacs et les rapporter.
  • Se désinfecter les mains et s'habiller en long.
  • Laver ou changer ses vêtements entre chaque visite.
  • Porter un masque de chirurgie sur la bouche et le nez.
  • Ne pas donner de nourriture, ni essayer d'entrer en contact avec les gorilles.
  • Toute personne malade ou potentiellement malade doit s'abstenir d'approcher les gorilles.

Ces normes éthiques sont établies pour le bien-être des animaux, leur santé, et la sécurité des voyageurs. Comme les gorilles partagent 98% des gènes de l'humain, il y a des risques de transmission de maladies. Même l’écotourisme peut représenter une menace.

Le Zoo de Granby aide d'ailleurs au financement de la construction d'un laboratoire de recherche au Cameroun sur les maladies transmissibles entre les deux espèces. «La grippe chez un humain peut être mortelle pour un gorille», explique Patrick Paré.

Le guide de conduite qui régit les rapports humains/animaux est un outil formidable lorsqu'il est appliqué, indique Alain A. Grenier, professeur de tourisme de nature à l'École des sciences de la gestion de l'Université du Québec à Montréal. Il est important que les guides soient formés et appliquent correctement les lignes directrices, selon lui, car il n'y a pas toujours des agents de protection de la faune sur place.

La responsabilité de maintenir le fragile équilibre entre l'humain, la faune et ses habitats repose donc souvent sur les guides qui sont dans une relation commerciale d’écotourisme, ce qui représente un défi. M. Grenier explique qu’ils ne sont pas si cher payés et dépendent souvent des pourboires des visiteurs qui varient en fonction de la qualité de l'expérience vécue. Cette situation peut parfois entraîner des écarts des lignes de conduite pour satisfaire le client qui désire nourrir les animaux ou s'en approcher encore plus.

Il a été démontré que l'observation de la faune sauvage permet de protéger plusieurs espèces et donne plus de valeur aux animaux, expliquent M. Grenier et M. Paré. En autant que le tourisme écologique reste écologique!

Photo: La communauté pygmée Bagyeli qui vit à proximité du Parc national Campo Ma'an au Cameroun (crédit: Zoo de Granby)

Pour plus d'information sur les gorilles, écoutez notre entrevue avec Patrick Paré et Suzanne Poirier, gardienne d'animaux au Zoo de Granby:

Ajouter un  commentaire


Merci de prouver que vous n'êtes pas un robot
Incorrect. Essayez de nouveau.
Vous aimerez aussi