Science et technologie

Des inventions autochtones qui ont traversé le temps
Publié le 24 octobre 2017

Grâce à sa forme effilée qui fend l’eau et le vent, le kayak est une invention inuite ultra performante qui a traversé le temps. Elle fait partie de l’exposition interactive Génie autochtone: des inventions toujours actuelles du Centre des sciences de Montréal qui célèbre le savoir-faire des peuples autochtones de l'Amérique du Nord à l’occasion du 150e anniversaire du Canada et du 375e anniversaire de Montréal.

«Ça prenait quand même énormément d’ingéniosité pour habiter tous les climats qu’il y a sur le continent», indique François-Nicolas Pelletier, responsable des contenus scientifiques au Centre des sciences de Montréal.

Aborder la culture autochtone sous la loupe de la science est un angle intéressant et novateur. «La démarche des Autochtones était de l’écoute, de l’observation, de l’expérimentation et de la transmission de savoir. C’est la démarche scientifique, quand tu y penses», explique M. Pelletier.

Afin de découvrir les technologies et principes scientifiques des Autochtones, un bracelet permet aux visiteurs d’activer différentes étapes du parcours, comme les jeux de course de canots, de pêche au harpon ou de chasse à l’arc.

Voici quelques inventions et savoirs scientifiques autochtones inspirés de la nature qui ont contribué à façonner le monde contemporain:

Le système multicouche des bottes d’hiver en peau de phoque comprenait un chausson et une chaussette en peau de phoque rasée. L’équivalent de nos jours est la doublure en feutre. Le principe des couches était le même pour les manteaux qui permettaient de lutter contre le froid. Les Inuits portaient une fourrure dont les poils étaient dirigés vers l’intérieur pour retenir la chaleur. La deuxième couche avait des poils qui pointaient vers l’extérieur afin d’empêcher la neige de mouiller les vêtements. Ce système multicouche est le même aujourd’hui, mais avec des matériaux synthétiques. 

Le kayak a un centre de gravité bas qui stabilise l’embarcation. Sa forme est tellement performante que personne n’a osé la changer! Les Inuits ont développé la technique d’«esquimautage» qui permet de se ramener à la surface rapidement sans sortir de son kayak. Cette embarcation était traditionnellement fabriquée en peau de phoque cousue avec des tendons enduits de graisse imperméabilisante. C’est toutefois un kayak moderne qui est mis à la disposition des visiteurs!

Les Inuits construisent des inuksuit depuis 4000 ans. Ces outils de signalisation uniques servent de repères pour la chasse et la survie. Ils peuvent indiquer notamment la direction à suivre pour trouver une cache de nourriture ou un bon territoire de chasse. «Ils sont très utiles par mauvais temps, comme lorsqu’il y a un blizzard. Dans ces moments-là, on peut aussi utiliser des appareils avec système de localisation GPS, mais ils ne donnent pas assez d’information: ils n’indiquent pas s’il y a une grande crevasse», indique Lukasi Napaaluk, chasseur et aîné inuk.

L’iglou est une habitation ingénieuse, car elle résiste au vent alors qu’elle n’a pas de charpente! Les Inuits n’utilisent qu’un couteau et de la neige compactée pour la fabriquer. Le tipi est également une habitation solide qui assure une bonne protection contre les éléments. Sa forme conique permet au vent de glisser sur sa surface. Le tipi a plusieurs points communs avec les tentes modernes, c’est-à-dire qu’ils sont imperméables, ils se montent rapidement, se transportent facilement et sont légers.

Le pemmican est un repas énergétique complet, compact, non périssable et facile à transporter pour les peuples nomades. Il est cuisiné à partir de viande séchée, de graisse et de petits fruits secs. Voici une recette en neuf étapes pour ceux qui souhaiteraient l’essayer. Le concept rappelle la barre granola ou le jerky de boeuf au menu des astronautes.

Vous pouvez ainsi constater que l’exposition présente des thèmes variés comme les embarcations, la construction d’abris, l’orientation en nature, l’habillement et l’alimentation.

Un autre aspect intéressant du parcours est la façon de partager le savoir et les techniques des Premiers Peuples. Comme ceux-ci se transmettent traditionnellement de façon orale dans les communautés autochtones, l’exposition comprend des vidéos montrant des porteurs de savoir autochtones et des parents qui enseignent à leurs enfants.

Stanley Vollant, premier chirurgien autochtone au Québec, fait partie des porteurs de savoir: «Tous, avec nos bagages, nos cultures, nos langues et nos grandes différences, nous sommes capables de bâtir un meilleur avenir pour tous, de protéger notre environnement et d’améliorer notre santé.»

Cette citation présente un autre élément important de l’exposition: les initiatives mises en place par les communautés autochtones au Canada pour faire face aux changements climatiques. Par exemple, on présente la centrale solaire de la Première Nation Alderville et le portail web des communautés cries au Québec qui permet d’échanger des observations et des manières de s’adapter aux changements climatiques en intégrant les connaissances traditionnelles et scientifiques. Pour en savoir plus, voici un jeu interactif sur l’ingéniosité autochtone en action contre les changements climatiques.

Comme vous pouvez le constater, les exemples de savoirs, d’outils et de techniques autochtones qui ont traversé le temps ne manquent pas!

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