Santé

Impact des écrans sur les enfants: 4 choses à savoir
Publié le 28 avril 2017

Impact des écrans sur les enfants: 4 choses à savoir

Téléphones intelligents, tablettes électroniques, ordinateur, télévision. Les jeunes passent de plus en plus de temps devant leurs écrans. Un comportement sédentaire, qui inquiète les experts de la santé publique, en plus des parents. Pourtant, ce qu’on croit savoir des impacts n’est pas aussi clair. Survol en quatre temps. 

  • 1. Ils y passent beaucoup de temps

    Selon un rapport publié l’automne dernier par l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ), les jeunes Québécois passent beaucoup de temps devant les écrans. Les enfants de deux ans et demi regardent la télévision en moyenne 8,82 heures par semaine tandis que les enfants et adolescents de 11 à 17 ans consacrent au moins 35 heures par semaine aux divers écrans.

    Le rapport de l’INSPQ s’attarde principalement au rôle des écrans dans l’augmentation des comportements sédentaires des jeunes. Cela favoriserait le surpoids et l’obésité, qui limite la capacité d’un individu à être actif. De plus, l’exposition aux écrans, donc à la lumière bleue, entraverait le sommeil. Or, un sommeil de mauvaise qualité est lui-même associé avec l’obésité... qui peut aussi nuire au sommeil! Tout un cercle vicieux.

  • 2. L’impact n’est pas aussi clair qu’on l’imagine

    Mais en est-on aussi sûr? Caroline Fitzpatrick, professeure de psychologie à l’Université Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse, signale que la majorité des études sur le temps d’écran sont réalisées à partir de questionnaires remplis spontanément par les participants. Or cette méthodologie est une source connue de biais.

    Par ailleurs, il est difficile de relier finement un comportement comme la sédentarité avec les paramètres liés à la santé et au bien-être chez les jeunes. En 2016, une méta-analyse de 235 études, rassemblant plus de 1,5 million de participants de 71 pays, rapportait que la qualité des données récoltées allait de modérée à très faible. Pour les chercheurs, les résultats obtenus seraient purement observationnels et devraient être confirmés en suivant un meilleur design expérimental.

    Étrangement, les chercheurs ne remettent pourtant pas en question les résultats compilés. Ce dernier point ne surprend pas Linda Pagani, de l’Université de Montréal, car les résultats sur l’impact chez les jeunes sont déjà observables, selon elle. Une méthodologie idéale, comme un essai contrôlé randomisé, ne ferait qu’ajouter une vision au microscope d’un problème que l’on voit déjà très bien à l’œil nu, affirme la professeure titulaire de l’École de psychoéducation.

  • 3. Avant 5 ans, le cerveau des enfants est très malléable

    C’est l’âge où le cerveau se forme. Or, les écrans influenceraient le développement du cerveau des tout-petits. Les moins de cinq ans sont donc ceux chez qui il faut être le plus attentif en ce qui concerne le temps d’écran.

    Caroline Fitzpatrick explique qu’entre zéro et cinq ans, le cerveau est malléable. Comme les écrans interactifs réagissent immédiatement au toucher, ils offrent donc une gratification instantanée. Les personnages colorés de leurs émissions favorites peuvent aussi sembler beaucoup plus intéressants que l’environnement normal du tout-petit. Enfin, des changements de plan fréquents dans une émission de télé peuvent stimuler de manière excessive le cerveau encore en développement des enfants, entraînant une plus grande difficulté de concentration lors des tâches quotidiennes.

    Mme Fitzpatrick, qui étudie la préparation scolaire à la maternelle dans différents contextes démographiques et sociaux, a contribué récemment à une étude concluant que les enfants qui regardent plus souvent la télévision auraient également plus de difficultés à contrôler leurs émotions et leur comportement, un phénomène qui serait encore plus marqué dans les familles à faible revenu. En conséquence, dit-elle, ces jeunes arrivent moins bien à prioriser et planifier leurs actions, ce qui influence négativement leur réussite scolaire.

  • 4. Impact sur les ados: difficile à mesurer

    Les jeunes de 11 à 17 ans passeraient quant à eux plus de sept heures par jour devant des écrans, nous apprend le rapport de l’INSPQ. « Il est certain que ces chiffres comprennent plusieurs temps d’écran différents: celui passé à la maison, à l’école et durant les déplacements, relève Mme Fitzpatrick. Sinon il n’y aurait pas assez d’heures dans une journée. On parle donc autant de temps d’écran positif (recherche sur internet, rédaction de devoirs, etc.) que de temps d’écran négatif. Dans les faits, c’est très difficile à départager. »

    Avec la multiplication des plateformes et leur rapidité d’apparition, les chercheurs manquent de recul pour mettre au point des protocoles expérimentaux et analyser correctement l’effet des tablettes électroniques et des téléphones intelligents sur les jeunes. Les adolescents ont leur propre cellulaire, qui peut autant être une source de soutien que concentrer des interactions sociales négatives comme le harcèlement en ligne. Mais ici, les données manquent.

    Recommandations

    Au Canada, les experts offrent des recommandations fermes: ne permettre aucun temps d’écran aux enfants de 0 à 2 ans ; autoriser un maximum d’une heure par jour pour les enfants de 2 à 5 ans et de deux heures par jour, sans contenu violent, pour les enfants de 5 à 11 ans. 

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