Environnement

Un béluga près de Montréal
Publié le 11 octobre 2012

Un béluga près de Montréal

(Photo prise par Carquinyol/ Wikimedia Commons)

Un béluga a été aperçu dans le Vieux-Port de Montréal à plusieurs reprises depuis le 28 septembre. C’est la première fois que cette baleine blanche remonte si loin en amont du fleuve Saint-Laurent. La cause? Soit c'est un jeune qui explore, soit il a été contaminé par des algues toxiques.

Comme aucune photo n'a encore été prise de l'animal, l'information le concernant est limitée. Ce serait un béluga mesurant de trois à quatre mètres de long et de couleur blanche ou grisâtre. Une des hypothèses avancées pour expliquer son périple si loin de son habitat naturel, dans l'estuaire du Saint-Laurent, est qu'il serait désorienté dû aux algues toxiques qui s'attaquent au cerveau.

« Ça arrive de temps en temps que des cétacés comme ça remontent le Saint-Laurent », indique le biologiste Pierre-Henri Fontaine. Ils peuvent faire de petites incursions en eau douce, mais il est anormal qu'ils y restent, car ce sont des animaux marins. Ils sont « ajustés » pour la densité de l’eau de mer, explique le biologiste.

ENJEUX DE L'EAU DOUCE

Vivant habituellement dans les eaux salées, l'eau douce pourrait entre autres causer au béluga des problèmes cutanés. Elle contient aussi peu de nourriture pour ce cétacé trouvant d'habitude sa nourriture en mer.

Un autre danger qui guette ce béluga isolé est qu'il pourrait chercher à interagir avec les bateaux et les humains, comme c'est un animal sociable. Il ne semble toutefois pas avoir beaucoup d’interaction avec les embarcations pour le moment, selon Esther Blier, directrice générale du Réseau d'observation de mammifères marins.

UNE INTERVENTION POSSIBLE?

Comme le béluga ne semble pas être en difficulté, le Réseau québécois d'urgence des mammifères marins n'interviendra pas. « Intervenir n’est pas nécessairement une bonne chose », explique Esther Blier. Ce sont des animaux sauvages et une capture pourrait traumatiser le béluga, selon Pierre-Henri Fontaine.

« S’il sort de son milieu habituel, c’est qu’il y a quelque chose qui se passe », indique le biologiste. Intervenir pour le ramener dans son habitat n'en vaudrait peut-être pas la peine. « Il est peut-être dérangé », ajoute-t-il.

Esther Blier espère qu’il va réintégrer un groupe de bélugas. D'ici là, le Réseau québécois d'urgence des mammifères marins continue à suivre le cas et à recueillir le plus d'information possible, en se faisant souvent aider des observations des citoyens.

MORTS DE BÉLUGAS CET ÉTÉ

Une vingtaine de bélugas ont été retrouvés morts cet été sur les rives du Saint-Laurent, dont une majorité était âgée de seulement quelques jours. Ces jeunes bélugas serraient morts à la suite d'une séparation précoce avec leur mère. Une telle séparation pourrait être due à l'exposition de la mère à des algues toxiques ou encore, à des contaminants qui affecteraient sa glande thyroïde.

INDICATEUR DE POLLUTION

Le béluga sert d'indicateur de l'état de la pollution dans le fleuve Saint-Laurent. Il est considéré comme le mammifère le plus contaminé de la planète. Le béluga entrevu près de Montréal vient d'une petite population considérée en péril.

EN COMPLÉMENT

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Aritcle Le béluga du Vieux-Port de Montréal observé par des biologistes

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