Environnement

À la rescousse des abeilles!
Publié le 28 mars 2018

À la rescousse des abeilles!

Photo: ladepeche.fr

Tout récemment, un projet de végétalisation en milieu urbain a eu lieu à Montréal pour améliorer l’habitat des insectes butineurs sur l’île. Comme on le sait, les abeilles domestiques meurent massivement chaque année dans plusieurs pays occidentaux. On s’inquiète aussi fortement des populations d’abeilles sauvages et nombre d’autres pollinisateurs, comme les papillons et les bourdons. Sur le banc des accusés, on retrouve entre autres, des insecticides de la famille des néonicotinoïdes sur lesquels nous nous pencherons ici.

La chute en chiffres

Entre 1915 et 1933, le taux de mortalité hivernal moyen chez les abeilles était estimé à environ 10 %. En un siècle, celui-ci a grimpé à près de 20 % au Québec, alors qu’il avoisine les 25 % au Canada et atteint jusqu’à 50 % aux États-Unis.

On pense qu’une superposition de divers facteurs serait responsable de ce déclin des colonies d'abeilles. Parmi ceux-ci, on compte les maladies, l’usage de certains pesticides dommageables, la diminution de la diversité des plantes à fleurs et les carences nutritives découlant du recours aux abeilles pour polliniser les monocultures.

Des insecticides suspects : les néonicotinoïdes

Les néonicotinoïdes forment une famille de produits qui ont été développés en laboratoire dans le but d’éliminer les insectes nuisibles aux récoltes. Un peu partout sur la planète, on se tourne vers ces insecticides pour protéger diverses monocultures. Pour donner une idée de la popularité de ces poisons dans la province québécoise : ils sont intégrés à près du tiers des semences de soya et à environ 99 % des semences de maïs-grain!

Le caractère insidieux de ces produits chimiques a fait en sorte qu’ils ont été épandus durant des années avant que des chercheurs constatent leur toxicité vis-à-vis de certaines bestioles qui sont utiles à l’humain, comme les abeilles. Maintes études révèlent désormais que les néonicotinoïdes engendrent chez les abeilles des complications au niveau de leur orientation, mais aussi une dégradation de leur système immunitaire, une augmentation des mortalités et plusieurs autres conséquences néfastes. Les effets diffèrent en fonction de l’intensité et de la durée de l’exposition au polluant. C’est notamment un sujet qui préoccupe l’équipe de recherche de Monique Boily à l’Université du Québec à Montréal.

En bref, une fois qu’elle a pénétré dans un plant, cette substance s’y répand jusqu’à contaminer toutes les parties, y compris le nectar qui est récolté par les espèces butineuses. Une fois à l’intérieur de leur corps, l’agent toxique s’attaque au système nerveux pour premièrement paralyser, puis tuer la victime.

Un coup de pouce aux pollinisateurs

Dans la frénésie du 375e anniversaire de la Ville de Montréal, la Coopérative de solidarité Miel Montréal a décidé d’organiser une campagne de fleurissement baptisée « Pollinisons Montréal ». L’idée consiste à créer des espaces verts favorables à l’alimentation des abeilles domestiques et des autres pollinisateurs urbains. Il faut savoir que même en ville, il y a une abondance d’abeilles, surtout quand on pense aux 500 ruchers établis sur l’île.

Pendant que certains pays, notamment en Europe, légifèrent pour interdire l’utilisation de néonicotinoïdes, il est possible d’agir à plus petite échelle en offrant des plantes de qualité aux différents insectes pollinisateurs. Chaque geste compte, surtout quand on estime que l’abeille joue un rôle dans la production de près du tiers de nos ressources alimentaires.

En complément 

-Regardez l'émission Les secrets de la ruche le jeudi 5 avril à 18h sur les ondes d'ICI Explora.

-Entrevue avec Maxime Gauthier, un expert des effets des néonicotinoïdes sur les abeilles

-Article sur l’importance des pollinisateurs autres que l’abeille domestique : Les ruches en ville, une fausse bonne idée

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