Science et technologie

2016 dans l'espace : grands rêves et finales brutales
Publié le 21 décembre 2016

2016 dans l'espace : grands rêves et finales brutales

Année faste en premières... et en finales spectaculaires. Une comète, une planète qui n’est plus vraiment une planète, une planète autour d’une étoile vraiment très proche... et le rêve pas très réaliste d’un premier village sur Mars.

La comète — au final, le grand public aura davantage entendu parler de la comète Tchouri pour une petite sonde, Philae qui s’y était posée en 2014 et qui n’a plus donné signe de vie, que pour l’autre sonde, Rosetta, qui continuait vaillamment à tourner autour de la comète et à l’examiner sous toutes ses coutures. En septembre, l’expédition a pris fin pour de bon, lorsque les ingénieurs de l’Agence spatiale européenne ont envoyé Rosetta s’écraser sur Tchouri. Après ces deux années, les connaissances sur la composition des comètes ont été multipliées, depuis la forme pour le moins tarabiscotée, jusqu’à la présence de molécules organiques.

Mars — une autre finale brutale, mais celle-là n’avait pas été prévue : la mission ExoMars a manifestement raté l’atterrissage sur Mars de sa sonde Schiaparelli le 19 octobre. Bien qu’elle aussi ait une consoeur qui poursuive sa mission en orbite, il est important pour les ingénieurs de comprendre ce qui s’est passé, parce qu’ExoMars est une mission en deux temps : en 2020, un autre engin doit être lancé par les Européens pour déposer sur Mars un véhicule destiné à rechercher des traces de vie.

Mars, bis — mine de rien, ça ne rend pas optimiste pour l’annonce la plus haute en couleurs de l’année : le rêve du milliardaire Elon Musk d’envoyer 100 personnes à bord d’une fusée dès 2024. S’il a été qualifié par à peu près tout le monde d’invraisemblable à si court terme, le président Obama en a ajouté une couche, en évoquant en octobre une mission spatiale habitée pour la décennie 2030. Évidemment, Obama ne sera bientôt plus président, mais son successeur a lui-même évoqué son intérêt pour l’exploration spatiale.

Et la Terre? Par contre, une des premières déclarations de l'équipe de transition de Donald Trump a été d’évoquer que la NASA devrait cesser à toutes fins pratiques d’étudier la Terre. Si tout le monde a déduit qu’il s’agissait d’une attaque contre les études climatiques, il faut savoir que les études en sciences de la Terre ont énormément bénéficié du fait d’avoir des satellites là-haut depuis 50 ans. À inscrire dans la liste des choses à surveiller en 2017.

Jupiter — en juillet, c’est le géant de notre système solaire, Jupiter, qui a gagné une nouvelle lune : la sonde spatiale Juno, dont les neuf instruments — l’analyse du champ magnétique, des nuages, de la tache rouge, du noyau de la planète — ont du travail jusqu’en février 2018. Il y a même un volet participatif à la mission.

Pluton — depuis l’autre extrémité du système solaire, des images de Pluton ont poursuivi leur voyage jusqu’à la Terre... pendant 15 mois. Il avait suffi en effet de 12 heures à la sonde spatiale New Horizons, le 14 juillet 2015, pour effectuer son passage à proximité de Pluton, mais il a fallu 15 mois pour que la sonde renvoie toutes les données amassées dans sa mémoire pendant ce bref passage. Et c’est le 28 octobre dernier que les techniciens de la NASA ont annoncé qu’on pouvait tourner la page. De quoi occuper plusieurs futurs doctorants pendant des années, sinon des décennies : les planétologues ont à présent des informations sur la chimie, l’atmosphère, la géographie, l’activité géologique, la présence de glace, à propos d’une planète qui, il n’y a pas si longtemps, se résumait à quelques pixels sur les photos.

Proxima du Centaure — enfin, il y a plus loin que le système solaire. En annonçant en août la détection d’une planète de taille similaire à la Terre autour de l’étoile Proxima du Centaure, notre plus proche voisine, les astronomes n’ont pas fait qu’ajouter une autre planète extrasolaire à la liste. Cette étoile étant à « seulement » quatre années-lumière de nous, les astronomes ont donné du matériau pour des projets encore plus spectaculaires qu’une mission vers Mars : aucune étoile accompagnée de planètes ne sera jamais découverte plus proche que celle-là. Comme l’avait résumé en août la journaliste Rebecca Boyle.

D’une certaine façon, la première découverte d’une planète possiblement habitable dans notre cour arrière est aussi une dernière. Dans la chasse à nos voisines cosmiques, cette planète est ce que nous aurons de mieux. Pour quand la première photo de cette planète ? À surveiller... dans les années 2020
 

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